Je prends aujourd’hui la plume avec gravité pour m’adresser directement aux autorités de ce pays. Cette contribution n’est ni une attaque gratuite, ni un exercice de style. Elle est l’expression d’une inquiétude profonde, partagée par de nombreux Sénégalais, face à la trajectoire préoccupante que prend notre nation.
Le constat est sans appel : notre diplomatie est à terre
Le Sénégal, autrefois cité en exemple pour sa stabilité, son élégance diplomatique et son rayonnement international, donne aujourd’hui l’image d’un pays affaibli, hésitant et parfois même isolé. Cette situation n’est pas une fatalité. Elle est le résultat de choix politiques, d’attitudes et d’un manque de vision stratégique au sommet de l’État.
Comment expliquer, en effet, que nos autorités peinent à satisfaire la demande sociale des Sénégalais, tout en étant incapables de défendre avec efficacité nos compatriotes à l’étranger, notamment ceux détenus au Maroc ? Cette double défaillance interne et externe traduit un problème de gouvernance profond. Un État qui ne protège pas ses citoyens, où qu’ils se trouvent, renonce à une part essentielle de sa souveraineté morale.
Mais au-delà des insuffisances, ce sont aussi les comportements qui interrogent.
La manière dont le pouvoir est exercé aujourd’hui suscite une incompréhension grandissante. Certains agissements donnent le sentiment d’un recul des valeurs fondamentales qui ont longtemps fait la force de notre pays. Nous sommes dans une nation façonnée par des figures historiques d’exception, porteuses d’éthique, de rigueur et de sens de l’État. Aujourd’hui, ces repères semblent s’effriter au profit de pratiques qui choquent, divisent et affaiblissent la cohésion nationale.
Il est difficile de ne pas évoquer également le silence troublant de certaines élites intellectuelles et morales. Dans un moment où le Sénégal a plus que jamais besoin d’une voix forte et crédible sur la scène internationale, comment comprendre l’absence de position claire face à des enjeux majeurs, notamment lorsqu’il s’agit de soutenir la candidature du Président Macky Sall dans les plus hautes instances internationales ? Ce silence, loin d’être neutre, contribue à invisibiliser notre pays et à réduire son influence.
Plus préoccupant encore, le Sénégal semble aujourd’hui faire face à une forme de désaveu sur le plan africain. Des pays, y compris parmi nos voisins, expriment des réserves de plus en plus visibles à notre égard. Cette évolution est le reflet d’une perte de confiance, conséquence directe des orientations et du comportement de nos dirigeants sur la scène continentale. Le Sénégal ne peut se permettre d’être isolé dans un espace où la solidarité et la coopération sont essentielles.
Face à cette réalité, une question s’impose : jusqu’où irons-nous ainsi ?
Autorités de ce pays, il est encore temps de redresser la barre.
Il est encore temps de reconstruire une diplomatie forte, cohérente et respectée. Il est encore temps de rétablir la confiance avec nos partenaires africains et internationaux. Il est encore temps, surtout, de remettre les préoccupations des Sénégalais au cœur de l’action publique, car c’est là que réside la véritable légitimité de tout pouvoir.
Le Sénégal a toujours su se relever dans les moments difficiles. Mais cela exige du courage, de la lucidité et un sens aigu des responsabilités. Gouverner, ce n’est pas seulement diriger. C’est anticiper, protéger, rassembler et inspirer.
Aujourd’hui, notre pays a besoin d’un sursaut. Un sursaut moral, politique et diplomatique. L’histoire nous regarde. Les Sénégalais attendent. Le monde observe.
Il est temps d’agir.
Mouhamadou Lamine Massaly Président du Parti UNR fait à Médine le 18 Mars 2026

