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Sécurité sanitaire des aliments: pourquoi le projet STDF PG 770 pourrait changer la donne en Afrique de l’Ouest

Dans un contexte marqué par la multiplication des alertes sur la qualité des produits alimentaires et par des exigences sanitaires de plus en plus strictes sur les marchés, le projet STDF PG 770 entend faire de l’infrastructure qualité un levier de protection des consommateurs, de compétitivité des entreprises et d’intégration régionale.

Mis en œuvre par le Système Ouest Africain d’Accréditation (SOAC), avec l’appui technique de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI) et principalement financé par le Standards and Trade Development Facility (STDF), il accompagne le renforcement des capacités des acteurs et actrices de l’infrastructure qualité en Afrique de l’Ouest, en misant sur la digitalisation, l’accréditation et l’inclusion des femmes pour améliorer durablement la sécurité sanitaire des aliments.

Par Marie-Olivia Konan

Les récentes saisies de produits alimentaires impropres à la consommation au Sénégal, les alertes des chercheurs sur la contamination de certains aliments ou encore les difficultés rencontrées par les entreprises pour satisfaire aux exigences sanitaires des marchés internationaux rappellent une évidence : la sécurité sanitaire des aliments est devenue un enjeu majeur de santé publique, mais aussi un facteur déterminant de développement économique.

Garantir des aliments sûrs ne relève plus seulement des contrôles effectués sur les marchés ou aux frontières. Cela suppose de disposer de laboratoires performants, d’organismes d’inspection et de certification compétents, ainsi que de systèmes d’accréditation crédibles capables d’attester que les produits respectent les normes nationales, régionales et internationales.

C’est précisément l’ambition du projet STDF PG 770, mis en œuvre par le Système Ouest Africain d’Accréditation (SOAC) avec l’appui technique de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI) et principalement financé par le Standards and Trade Development Facility (STDF). Le projet vise à renforcer les capacités des acteurs et actrices de l’infrastructure qualité en Afrique de l’Ouest afin d’améliorer la sécurité sanitaire des aliments, de faciliter les échanges commerciaux et de renforcer la compétitivité des entreprises de la région.

Pour Khady Evelyne Denise Ndiaye, Directrice du Secteur privé de la Commission de l’UEMOA, la qualité est aujourd’hui devenue un véritable avantage concurrentiel.

« La compétitivité de nos entreprises ne dépend plus uniquement de leur capacité à produire. Elle dépend aussi de leur capacité à démontrer que leurs produits répondent aux exigences des marchés. C’est précisément le rôle de l’infrastructure qualité. »

Dans un contexte où les normes sanitaires constituent un critère déterminant d’accès aux marchés, le projet mise notamment sur la digitalisation des procédures d’accréditation afin de rendre les services d’évaluation de la conformité plus accessibles, plus rapides et moins coûteux pour les entreprises, en particulier les PME agroalimentaires.

« La digitalisation de l’accréditation constitue une avancée majeure, car elle permettra de réduire les coûts, de raccourcir les délais et d’accroître le nombre d’Organismes d’Évaluation de la Conformité accrédités dans notre espace communautaire. Pour les PME agroalimentaires, cela signifie un accès plus proche, plus rapide et moins coûteux aux services d’essais, d’inspection et de certification. »

Au-delà de l’amélioration des performances économiques, l’objectif est aussi de mieux protéger les consommateurs. En renforçant les compétences des organismes d’évaluation de la conformité, le projet contribue à une meilleure maîtrise des risques sanitaires et à une surveillance plus efficace des produits mis sur le marché.

Selon Mme Khady Evelyne Denise Ndiaye, cette approche permet d’optimiser le rôle de chacun.

« Les autorités compétentes peuvent concentrer leurs ressources sur le contrôle stratégique et la surveillance des marchés, tandis que les organismes accrédités apportent leur expertise technique. À terme, cette complémentarité permettra d’améliorer la sécurité sanitaire des produits, d’optimiser les ressources publiques et de renforcer la crédibilité de notre système régional de qualité. »

L’autre ambition du projet est d’accompagner l’intégration économique régionale. Aujourd’hui, les principaux obstacles au commerce ne sont plus seulement tarifaires. Ils concernent aussi le respect des normes techniques et sanitaires, devenues indispensables pour accéder aux marchés régionaux et internationaux.

« L’un des principaux obstacles au commerce n’est plus le droit de douane, mais la conformité aux exigences techniques et sanitaires. »

En favorisant la reconnaissance des organismes d’évaluation de la conformité et de leurs résultats à l’échelle régionale, le projet contribue à fluidifier les échanges, à réduire les coûts de transaction et à renforcer la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Le projet accorde également une attention particulière à la promotion du genre. Il encourage une participation accrue des femmes dans les métiers de l’infrastructure qualité et facilite l’accès des entreprises dirigées par des femmes aux services d’évaluation de la conformité.

« En réduisant les coûts et en rapprochant ces services des entreprises, nous contribuons à lever un obstacle important à leur développement, à leur intégration dans les chaînes de valeur régionales et à leur accès aux marchés internationaux. »

Cette orientation est en cohérence avec la stratégie Impact 2030 de la Commission de l’UEMOA et complète d’autres initiatives régionales en faveur de l’autonomisation économique des femmes.

Au-delà des aspects techniques, le projet STDF PG 770 défend une vision du développement dans laquelle la qualité constitue un investissement stratégique. Car une infrastructure qualité performante protège les consommateurs, renforce la confiance dans les produits, facilite les échanges commerciaux et crée de nouvelles opportunités pour les entreprises africaines.

Comme le résume Mme Khady Evelyne Denise Ndiaye : «La qualité ouvre les marchés, la confiance crée les opportunités et l’innovation transforme les économies. Car, au fond, tout commence par la qualité : sans qualité, il n’y a pas de confiance ; sans confiance, il n’y a pas de marché ; et sans marché, il n’y a pas de développement durable. »

 

 

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