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Rejet de la LFR 2026 à l’Assemblée nationale: Cheikh Diba dénonce un «amalgame» et défend les choix du gouvernement

Au lendemain du rejet du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 par les députés, le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, est monté au créneau pour défendre la démarche du gouvernement.

Face aux critiques sur la sincérité des prévisions budgétaires, il invoque les contraintes économiques, les nouvelles charges de l’État et la nécessité de soutenir les populations. Il estime que le rejet du texte prive les Sénégalais de mesures d’accompagnement importantes.

La controverse autour de la première loi de finances rectificative de l’année 2026 prend une nouvelle dimension. Après le rejet du texte par l’Assemblée nationale, ce mardi 3 novembre, le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, a tenu à apporter des clarifications sur les motivations du gouvernement et à répondre aux arguments avancés par les députés de Pastef.

Au cœur des divergences figure notamment la question de la sincérité des prévisions budgétaires. Un argument que le ministre conteste fermement. Selon lui, l’article 47 de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) prévoit précisément la présentation d’une loi de finances rectificative lorsque des modifications substantielles affectent les prévisions de recettes et de dépenses de l’État.  «C’est ce qui a été fait», a-t-il rappelé, estimant que le recours à une LFR relève d’une obligation de transparence et d’adaptation aux réalités de l’exécution budgétaire.

762 milliards attendus, 173 milliards mobilisés

Pour étayer son argumentaire, Cheikh Diba est revenu sur les ressources attendues du Plan de redressement économique et social (PRES). Sur les 762 milliards de FCFA escomptés, seuls 173 milliards avaient été mobilisés à la fin du mois de septembre. Le gouvernement espère toutefois réunir 311 milliards supplémentaires d’ici à la fin de l’année.

Pour le ministre, cet écart entre les prévisions initiales et les ressources effectivement mobilisées constitue une modification substantielle qui justifie l’ajustement des équilibres budgétaires.

Sur le volet des dépenses, il a également évoqué les répercussions de la crise au Moyen-Orient sur les cours du pétrole et, par conséquent, sur les charges énergétiques du Sénégal. La facture des subventions destinées au secteur de l’énergie est ainsi passée de 250 milliards de FCFA initialement prévus à 790,3 milliards de FCFA dans les nouvelles projections.

Soit un effort supplémentaire d’environ 540 milliards de FCFA que l’État entend consentir pour préserver les populations des effets de la hausse des coûts énergétiques.

«Un amalgame ou une manipulation»

C’est sur cette question que le ministre a particulièrement durci le ton. Pour lui, présenter le rejet de la LFR comme une volonté de dénoncer le manque de sincérité budgétaire revient à occulter les mesures sociales que le gouvernement souhaite mettre en œuvre. «Dire que le gouvernement ne veut pas accompagner les populations est un amalgame ou une manipulation », a-t-il martelé.

Cheikh Diba considère ainsi que les parlementaires auraient pu ouvrir le débat sur le fond du texte, permettant aux Sénégalais d’apprécier les différentes propositions et les réponses apportées par l’Exécutif.

Il a également apporté des précisions sur le déficit budgétaire, fixé à 7,6 % du PIB dans les nouvelles projections. Selon lui, ce taux constitue un plafond à ne pas dépasser dans la trajectoire de consolidation des finances publiques et non une dépense supplémentaire automatiquement engagée par l’État.

Le président de la République décidera de la suite

Malgré les divergences, le ministre a rappelé que le gouvernement conserve ses responsabilités dans la conduite des politiques publiques et la gestion des finances de l’État.

À l’issue du rejet du texte, Cheikh Diba a indiqué que la suite de la procédure dépendra des autorités exécutives. « Le président décidera avec son Premier ministre », a-t-il déclaré.

Pour rappel, le projet de LFR 2026 a été rejeté à la suite de l’adoption d’une question préalable introduite par le député Amadou Ba. Le scrutin s’est soldé par 109 voix pour, 20 contre et 3 abstentions, sur 132 votants.

Ce nouveau revers parlementaire intervient après le rejet du texte en commission des finances et du contrôle budgétaire. Il ouvre une nouvelle séquence d’incertitudes autour de l’exécution budgétaire et des engagements économiques et financiers du Sénégal.

A L NDIAYE

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