GRANDE TRANSFORMATION DE L’ÉCOLE SÉNÉGALAISE
Par A. L. NDIAYE (avec En Relief)
Face aux députés, le ministre de l’Éducation nationale Moustapha Mamba Guirassy a dévoilé les piliers d’une refondation historique du système éducatif. Réforme des curricula, promotion des langues nationales, modernisation des daaras, montée en puissance des sciences, infrastructures nouvelles et financement repensé : le Sénégal engage un chantier d’ampleur pour bâtir une école plus juste, plus moderne et résolument tournée vers l’avenir.
Une réforme curriculaire au cœur du projet
Premier pilier : la révision en profondeur des curricula. Le gouvernement entend adapter les enseignements aux réalités nationales, aux besoins d’une économie en transition et aux exigences du numérique. L’objectif est de former des élèves ancrés dans les fondamentaux, mais outillés en pensée critique, en sciences, en langues et en intelligence artificielle.
Les langues nationales portées au sommet
Autre axe majeur : l’intégration progressive des langues nationales dans l’enseignement. Une orientation confortée par le prestigieux Prix Yidan décerné cette année au Sénégalais Mamadou Amadou Ly. Cette distinction, une première pour l’Afrique, consacre une vision : l’enracinement linguistique et culturel peut devenir un puissant moteur d’équité, d’inclusion et de réussite scolaire.
Modernisation des daaras : un pilier désormais incontournable
Longtemps laissés en marge, les daaras occupent désormais une place centrale dans la refondation. Leur modernisation, l’amélioration de leurs infrastructures, la structuration de leur encadrement et leur reconnaissance institutionnelle doivent permettre d’assurer à tous les élèves, quelle que soit la voie empruntée, un accès équitable à une éducation de qualité.
L’enseignement catholique, un partenaire stratégique
Faire du Sénégal une société scientifique
La démocratisation des sciences constitue un autre chantier déterminant. Le ministère ambitionne d’ériger le Sénégal en véritable société scientifique, en multipliant les infrastructures spécialisées, en renforçant les filières scientifiques, en stimulant l’innovation et en introduisant massivement les outils numériques dans les écoles.
Infrastructures : priorité à la justice territoriale
Cette transformation s’appuie aussi sur un effort inédit de modernisation des infrastructures : éradication des abris provisoires, sécurisation des écoles, création d’espaces pédagogiques adaptés, et priorité donnée aux zones rurales, à la Casamance et aux territoires vulnérables. Une approche fondée sur la justice territoriale.
Repenser durablement le financement
Enfin, le ministre a insisté sur un enjeu crucial : le financement. Jugé trop dépendant du budget national, le modèle actuel doit évoluer. L’État appelle à une diversification des sources, impliquant davantage les collectivités, les entreprises et les partenaires techniques, afin de sécuriser les investissements nécessaires à la transformation du secteur.
À travers ces chantiers multiples et structurants, le Sénégal trace les contours d’une école nouvelle. Une école capable d’offrir à chaque enfant, où qu’il vive, les mêmes chances de réussir et de contribuer à l’édification d’un pays souverain, juste et prospère.

