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Protection du Lac de Guiers: L’OLAC partage les résultats du projet WBI 9.2 sur la pollution aux pesticides

L’Office des Lacs et Cours d’Eaux du Sénégal (OLAC) a organisé, ce jeudi 29 janvier 2026, un atelier scientifique de renforcement des capacités consacré au partage des résultats du projet WBI 9.2, une initiative de recherche-action visant à protéger le Lac de Guiers contre la pollution liée aux pesticides d’origine agricole.

Mené conjointement par l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) et l’Université catholique de Louvain (UCLouvain), le projet WBI 9.2 ambitionne d’améliorer la gestion des pesticides agricoles dans le bassin du Lac de Guiers. L’atelier a permis de présenter les principaux résultats de l’étude, de définir des stratégies de vulgarisation et de dégager des perspectives de collaboration en vue de pérenniser les acquis du projet.

Directrice générale de l’OLAC, Diarra Sow a souligné que cette rencontre scientifique a servi de cadre à la présentation des travaux de recherche menés par un doctorant de l’Université de l’UNIBAS. Des travaux qui permettent de mieux comprendre la pollution anthropique affectant le Lac de Guiers, une réserve d’eau douce stratégique pour l’État du Sénégal.

« La gestion qualitative et quantitative de cette ressource est une priorité pour l’Office des Lacs et Cours d’Eaux », a-t-elle déclaré. Elle a également indiqué que le partenariat avec la WBI, la Société Wallonne des Eaux et l’UCAD contribuera à enrichir les données scientifiques sur la qualité de l’eau du lac.

Face à la pression croissante sur la ressource et à la multiplicité des usages autour du plan d’eau, Mme Sow a insisté sur l’impératif de préserver le Lac de Guiers, essentiel à l’approvisionnement en eau potable et au développement socio-économique du pays.

Le professeur Serigne Faye, de l’UCAD, a salué l’implication constante de l’OLAC et de sa direction dans un projet développé sur près de trois ans. Selon lui, le projet WBI 9.2 dépasse le cadre strictement scientifique en intégrant fortement les acteurs locaux. «C’est un véritable modèle de gouvernance que nous cherchons à mettre en place, où les aspects scientifiques sont étroitement liés aux dimensions sociales, afin de produire des données utiles à la gouvernance du Lac de Guiers », a-t-il expliqué.

Pour sa part, Marnik Vanclooster, professeure à l’Université catholique de Louvain, a rappelé que le Lac de Guiers est une ressource stratégique, caractérisée par une forte dynamique spatiale et temporelle. Elle a insisté sur la nécessité de renforcer les capacités d’observation afin d’éclairer efficacement la prise de décision.

Mohamed Bouezmarni, expert en ressources en eau à la Société Wallonne des Eaux, a estimé que la protection des eaux destinées à la consommation humaine ne doit pas se faire au détriment d’autres secteurs, notamment l’agriculture et les activités socio-économiques locales.

De son côté, Al Ousseynou Bah, chef du projet WBI Research Action, a indiqué que plusieurs activités ont été menées, dont la formation des communautés riveraines du Lac de Guiers à la collecte d’informations scientifiques et à la compréhension de l’importance stratégique de cette réserve.

L’atelier a également été marqué par la présentation d’une plateforme numérique destinée à appuyer la gestion intégrée du Lac de Guiers, ainsi que par des échanges sur les stratégies de vulgarisation pour favoriser l’appropriation des résultats du projet par l’ensemble des parties prenantes.

B. Diaw (avec En Relief)

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