Le débat public est un pilier fondamental de toute société démocratique. Les plateaux télévisés devraient en être l’un des espaces les plus exigeants. Pourtant, force est de constater qu’ils deviennent, trop souvent, le théâtre d’approximations, de tensions inutiles et d’interventions sans véritable maîtrise.
Plus préoccupant encore est le manque de considération affiché à l’égard de journalistes expérimentés, dont le parcours et l’engagement ont contribué à bâtir la crédibilité du métier. Le journalisme repose sur des principes clairs : vérification des faits, recoupement des sources, objectivité, éthique et responsabilité. Il ne s’improvise pas.
Aujourd’hui, l’auto proclamation est devenue monnaie courante. Journaliste, analyste, influenceur : les titres circulent avec légèreté. Mais influencer suppose une mission noble : éclairer l’opinion, structurer la réflexion, élever le niveau de compréhension du public. L’influence véritable n’est ni agitation ni provocation ; elle est pédagogie et responsabilité.
Une information sérieuse se traite avec méthode. Elle s’étudie, s’analyse et se confronte à des sources sûres avant d’être portée sur la place publique. À défaut, c’est la confiance du citoyen qui s’effrite, et avec elle, la crédibilité des médias.
Il ne s’agit pas de censurer, encore moins de restreindre la liberté d’expression. Il s’agit de restaurer l’exigence. Car lorsque le débat s’abaisse, c’est la conscience collective qui s’appauvrit.
Et une nation qui banalise la médiocrité dans ses espaces d’expression finit toujours par en payer le prix dans la qualité de ses décisions.
Cécile E. Khadiome DIOUF
Leadership et Citoyenne active

