ENVIRONNEMENT – TRANSITION ÉCOLOGIQUE ET GOUVERNANCE DURABLE
Par Cheikh Seck NDONG
Le Dr Aliou Gori Diouf a officiellement pris les rênes du ministère de l’Environnement et de la Transition écologique à l’occasion d’une cérémonie solennelle de passation de service marquée par un discours dense, ambitieux et fortement orienté vers la transformation du modèle de développement sénégalais. Face aux défis climatiques et environnementaux croissants, le nouveau ministre a plaidé pour une rupture avec les approches cloisonnées et appelé à faire de la transition écologique un pilier structurant de l’action publique.
Images: Mouhamed FICOU
Dans une allocution à la fois technique, politique et prospective, le nouveau ministre a placé l’environnement au cœur des enjeux de souveraineté, de sécurité alimentaire, de santé publique, d’aménagement du territoire, mais aussi de création de richesses et d’emplois. « L’environnement n’est plus une question secondaire », a insisté Dr Aliou Gori Diouf, rappelant que le Sénégal figure parmi les pays les plus vulnérables aux effets du changement climatique. Selon lui, cette vulnérabilité affecte déjà l’agriculture, les ressources en eau, les écosystèmes, les zones côtières ainsi que les conditions de vie de millions de Sénégalais.
Le ministre a dressé un tableau préoccupant des menaces auxquelles le pays est confronté: érosion côtière, perturbation des saisons pluvieuses, sécheresses, inondations, pollution de l’air, dégradation des terres, perte de biodiversité ou encore prolifération des déchets. Mais au-delà du constat, il a surtout voulu inscrire son action dans une logique de transformation. «Notre ambition ne sera pas de gérer la vulnérabilité, mais de la transformer en opportunité de résilience, d’innovation et de développement », a-t-il déclaré.
Dr Aliou Gori Diouf a structuré sa vision autour de quatre principes fondamentaux : l’écoute et la concertation, l’action et les résultats, l’innovation, ainsi que la responsabilité intergénérationnelle. Il a notamment insisté sur la nécessité d’associer l’ensemble des acteurs concernés (collectivités territoriales, chercheurs, partenaires techniques et financiers, société civile, secteur privé, femmes et jeunes ) à la gouvernance environnementale.
Dans cette perspective, il a annoncé une volonté forte de promouvoir l’économie verte à travers l’entrepreneuriat environnemental, les technologies propres, les investissements durables, l’économie circulaire, le recyclage et les mobilités propres. Une attention particulière sera accordée à la mobilisation des financements climatiques nationaux et internationaux afin d’accélérer la transformation écologique du pays.
Dans un contexte marqué par l’entrée du Sénégal dans l’ère de l’exploitation pétrolière, gazière et minière, Dr Aliou Gori Diouf a indiqué que son département entend jouer un rôle stratégique d’accompagnement et d’aide à la décision. Le ministère, a-t-il expliqué, ne se limitera pas au contrôle des normes environnementales, mais développera également des outils d’ingénierie, de planification et d’évaluation afin de garantir la durabilité des investissements.
Le ministre a par ailleurs insisté sur l’importance de la diplomatie environnementale et climatique, qu’il souhaite ériger en levier de souveraineté, d’influence et d’attractivité internationale pour le Sénégal. «Le Sénégal ne se contentera pas de subir le cours de l’Histoire. Nous serons des acteurs de premier plan de la transition écologique mondiale », a-t-il affirmé.
S’adressant enfin aux agents du ministère ainsi qu’aux différents partenaires, il a appelé à la rigueur, au professionnalisme, à l’innovation et à l’esprit de responsabilité collective afin de relever les défis environnementaux auxquels le Sénégal est confronté.
Concluant son discours sur une note volontariste, le nouveau ministre a estimé que le Sénégal dispose de nombreux atouts (une jeunesse dynamique, des compétences reconnues et un patrimoine naturel important) pour faire de la transition écologique une véritable opportunité de croissance, de création d’emplois verts et d’amélioration durable du cadre de vie des populations.

