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Partenariat-APIG-DEEG- ONU- FEMMES: Les journalistes outillés sur la budgétisation en genre

L’Association des Professionnels de l’Information sur le Genre (APIG) a bénéficié ce mardi d’une session de formation de trois jours destinée à renforcer les capacités des journalistes sur les violences basées sur le genre (VBG) et la budgétisation sensible au genre.

Organisée en partenariat avec la Direction de l’Equité de Genre et ONU Femmes, dans le cadre du projet mondial Women Count, cette rencontre vise à outiller les médias pour un traitement plus rigoureux des questions d’égalité.

À l’ouverture des travaux, la coordonnatrice de l’APIG, Mme Adama Diouf Ly, a rappelé la mission de son association : « construire une société juste, équitable, égalitaire où les préoccupations des hommes et des femmes sont prises en compte, en toute circonstance».

« Les médias jouent un rôle fondamental dans la construction d’une société informée, juste et inclusive. En tant que journalistes, nous avons la responsabilité de porter à la connaissance du public les enjeux qui affectent le développement de nos communautés. Parmi ces enjeux figurent la budgétisation sensible au genre et les violences basées sur le genre, deux questions étroitement liées à la justice sociale, à la gouvernance et au respect des droits fondamentaux », a-t-elle affirmé.

Démystifier la budgétisation sensible au genre 

Pour la présidente de l’APIG, la budgétisation sensible au genre n’implique pas de budgets séparés pour les femmes et les hommes. Il s’agit plutôt d’« intégrer la dimension genre dans la planification, l’allocation et l’évaluation des ressources publiques afin de garantir que les politiques et programmes bénéficient équitablement à tous les citoyens ».

« En rendant visibles les inégalités et les besoins spécifiques des différentes catégories de la population, elle contribue à une meilleure efficacité des politiques publiques », a-t-elle lancé, invitant ses confrères et consœurs à traduire les acquis de la formation en reportages, enquêtes et analyses capables d’éclairer le débat public.

Des données fiables pour accélérer l’égalité 

La coordinatrice du programme Women Count d’ONU Femmes au Sénégal, Ndeye Seynabou Sarr, a abondé dans le même sens, appelant à une meilleure utilisation des données de genre. « Les progrès vers l’égalité de genre nécessitent des données fiables, des analyses rigoureuses et une communication responsable. Sans données, les inégalités restent souvent invisibles », a-t-elle souligné.

Lancé par ONU Femmes, le programme Women Count vise à renforcer la production, l’analyse et l’utilisation des statistiques de genre pour éclairer les décisions publiques et accélérer l’atteinte des ODD, notamment l’ODD 5 sur l’égalité des sexes. « Ces données constituent une base statistique solide pour mesurer l’ampleur du phénomène, orienter les politiques de prévention et renforcer l’accompagnement des victimes », a-t-elle détaillé.

Elle a également invité les professionnels de l’information à « déconstruire les stéréotypes, promouvoir des récits équilibrés et renforcer la redevabilité des institutions », réaffirmant l’engagement d’ONU Femmes à accompagner le Sénégal dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles.

Un outil de gouvernance et de transparence 

Présente pour ouvrir l’atelier, la Directrice nationale de l’Equité et de l’Egalité de Genre, Mme Ndeye Astou Diouf Gueye, a insisté sur le rôle des médias : « Une information bien traitée peut changer une perception. Une perception transformée peut faire évoluer un comportement. Un comportement qui évolue peut contribuer à transformer durablement une société ».

Elle a situé cette rencontre dans la mise en œuvre de la phase 2 du Projet Les Femmes Comptent et dans la Stratégie nationale pour l’Equité et l’Egalité de Genre (SNEEG 2), qui vise « une société solidaire, sans discrimination, où les hommes et les femmes disposent des mêmes chances de participer au développement et de bénéficier équitablement des fruits de leur croissance ».

Reste que des défis persistent : faible taux d’emploi des femmes, 30,5 % contre 60,3 % pour les hommes ; violences basées sur le genre toujours préoccupantes ; taux de représentation des femmes à 41,2 % dans la dernière législature malgré la loi sur la parité.

« La budgétisation sensible au genre ne consiste pas à créer un budget distinct pour les femmes. C’est un puissant outil de gouvernance et de transparence qui vise à garantir que chaque franc investi par l’État contribue effectivement à réduire les inégalités », a rappelé Mme Gueye. Elle a appelé les journalistes à « rendre accessibles ces questions techniques, suivre les engagements publics, analyser les budgets sous le prisme du genre, et briser le silence autour des VBG, dans le respect de l’éthique et de la protection des survivantes ».

Par Aïssatou FAYE

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