Site icon DEVINFOS

Ousmane Diop, premier adjoint au maire de Keur Massar Sud: «Le destin de notre commune est désormais entre nos mains»

Dans un entretien empreint d’histoire et de lucidité, Ousmane Diop, premier adjoint au maire de Keur Massar Sud, est revenu sur le chemin parcouru depuis la départementalisation de Keur Massar en février 2022, une étape charnière pour cette commune devenue le 46e département du Sénégal.

«Nous avons pris les rênes de la commune à un moment historique, lors des premières élections départementales, dans un contexte où le pouvoir en place ne nous était pas favorable», rappelle-t-il d’emblée.

À l’époque Keur Massar Sud était la seule commune dirigée par un militant du parti Pastef dans une zone largement contrôlée par la coalition Yewwi Askan Wi. «Dans notre pays, les maires reçoivent généralement du soutien lorsqu’ils sont issus du pouvoir central. Ce n’était pas notre cas.» Cette cohabitation compliquée avec un régime jugé hostile a fortement ralenti la mise en œuvre des projets municipaux. «Nous avions tous les problèmes pour concrétiser nos ambitions. C’était un véritable parcours du combattant», regrette le doyen Diop.

Mais avec l’accession au pouvoir du président Ousmane Sonko, les perspectives ont changé. « Aujourd’hui, les choses commencent à se décanter. Nous pouvons enfin approcher les ministères et les institutions de l’État sans entraves. Alhamdoulilah», se réjouit-il. La départementalisation de Keur Massar, annoncée par le président Macky Sall après une visite sur les lieux suite aux graves inondations, a été saluée comme une avancée.

Mais Ousmane Diop souligne que «cette réforme est venue sans les outils nécessaires pour être pleinement effective». Pour lui, l’avenir du département passe par la transformation de Keur Massar en une véritable ville. «Il faut des infrastructures à la hauteur des besoins de la population. La survie de Keur Massar dépend de ce passage au statut de ville, seul moyen d’avoir un budget digne de ce nom».

Ancien responsable de la commission éducation de la commune, Ousmane Diop n’a pas manqué de souligner les lacunes en matière d’enseignement. «Nos écoles, nos lycées, nos CEM sont dans une situation précaire. Nous voulons, avec l’aide de l’État, impulser un changement réel». Il attire également l’attention sur les écoles privées, souvent négligées malgré leur rôle essentiel: «Elles sont impactées, parfois même plus que les écoles publiques, mais reçoivent très peu de soutien».

Quitter la version mobile