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Offensive des cadres Jambaars contre le pouvoir: La CSCJ dénonce «une dérive autocratique» et lance une série d’initiatives pour exiger la transparence

La Cellule Stratégique des Cadres Jambaars (CSCJ) a publié, ce dimanche 20 avril 2026 à Dakar, un communiqué officiel au ton offensif contre la gouvernance actuelle. Dans ce texte signé par son Secrétariat exécutif, la structure estime que «le Sénégal traverse une zone de turbulences sans précédent» et dit lancer «une alerte solennelle» face à ce qu’elle qualifie de « cécité budgétaire » et de « dérive autocratique ».

 Interpellation judiciaire et institutionnelle 

La CSCJ annonce plusieurs démarches pour dénoncer ce qu’elle appelle «l’immobilisme judiciaire ». Elle indique adresser une « lettre interpellative à l’UMS et à la société civile » pour dénoncer une « justice à deux vitesses ».

Le communiqué cite notamment « le scandale des 8 milliards de Bakel », un dossier qu’il juge « resté sans instruction », et pointe « une opacité persistante » dans le rapport de l’ITIE. La CSCJ dénonce par ailleurs un « deux poids, deux mesures » entre, d’une part, la « célérité de la justice contre les opposants politiques » et, d’autre part, « l’impunité totale dont jouiraient les proches du pouvoir actuel ».

«Le Tour des Jambaars» sur le terrain 

Sous l’impulsion du président Bougane Guèye, la CSCJ annonce le lancement d’une mission nationale baptisée « Le Tour des Jambaars ». L’objectif : « mesurer l’impact réel de la crise sur les populations ».

La délégation prévoit de rencontrer les acteurs des secteurs agricole et maraîcher pour analyser « les pertes liées à l’absence de maîtrise de la chaîne de valeur, de conservation et d’écoulement ». Elle compte aussi évaluer « la paupérisation des arachidiers », échanger avec les transporteurs « en mouvement d’humeur » et les marchands ambulants « déguerpis sans alternative viable ». La situation de la jeunesse étudiante et des « travailleurs précaires » figure également à l’agenda.

Diagnostic de la gestion publique 

Dans son texte, la CSCJ dresse un réquisitoire contre la gestion du pays. Elle évoque une « gouvernance par l’improvisation », un « abus de l’endettement » pour financer, selon elle, « un train de vie de l’État indécent », et une « dérive institutionnelle ». La cellule condamne « fermement toute manipulation législative ad personam » visant, d’après elle, à instrumentaliser les articles L.29 et L.30 du Code électoral.

Les exigences formulées 

La CSCJ formule quatre exigences principales :  la « sincérité budgétaire » avec la publication immédiate du bulletin statistique de la dette et du rapport trimestriel 2025 ;  une « éthique du sacrifice » passant par la suppression des fonds politiques, la réduction des cabinets ministériels et la fusion des agences jugées redondantes;  un «hommage national» pour le centenaire du président Abdoulaye Wade, présenté comme « un rappel de l’excellence et de la vision» ;  une rupture avec ce qu’elle qualifie de « gestion de survie budgétaire qui sacrifie notre souveraineté nationale».

Le communiqué se conclut par la devise de la CSCJ: «Unité, Rigueur et Souveraineté».

Ch. Seck NDONG

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