Médias et innovation en Afrique
Le Théâtre national Daniel Sorano et la Maison de la Presse Babacar Touré accueillent, du 27 au 30 octobre 2025, le tout premier Salon international des Médias d’Afrique (SIMA). Placé sous le thème « L’Afrique face aux enjeux des nouveaux médias », l’événement, présidé par le ministre Alioune Sall, réunit à Dakar les principaux acteurs africains et internationaux du secteur, autour d’une ambition commune : construire un paysage médiatique africain dynamique, éthique et souverain.
Durant quatre jours, le Théâtre national Daniel Sorano et la Maison de la Presse Babacar Touré vibreront au rythme des conférences, panels, ateliers et expositions consacrés aux grands défis qui redéfinissent le paysage médiatique africain à l’ère du numérique et de l’intelligence artificielle.
Présidée par M. Alioune Sall, ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, la cérémonie d’ouverture a réuni un parterre de personnalités, de professionnels des médias, de représentants d’institutions publiques, de partenaires techniques et d’entreprises du numérique, tous venus célébrer un moment fondateur pour la presse africaine.
Un espace panafricain de dialogue et de convergence
Selon lui, « le choix du Sénégal pour abriter ce premier salon n’est pas fortuit, car notre pays, reconnu pour son attachement à la démocratie, à la liberté de la presse et à la diversité des opinions, demeure une terre d’accueil pour les idées, le débat et la coopération entre médias africains ».
Abondant dans le même sens, M. Mactar Silla, Président du Comité de pilotage du SIMA, a rappelé que cet événement « concrétise une ambition panafricaine commune, nécessaire et structurante, dans un domaine ô combien sensible et vital : celui des médias ».
À ses yeux, le SIMA se veut « un point d’orgue d’un processus inclusif visant à réfléchir collectivement et à proposer les bases d’un écosystème médiatique africain plus fort, plus professionnel et plus performant ».
L’Afrique, actrice de sa propre narration
Dans son allocution, le ministre Alioune Sall a insisté sur la nécessité pour le continent de « devenir acteur de sa propre narration, producteur de ses contenus et gardien de sa propre image ».
Face à la mutation rapide du paysage médiatique mondial, où se brouillent les frontières entre médias traditionnels et numériques, il a souligné que « l’Afrique, longtemps spectatrice, est désormais pleinement actrice ».
«Des rédactions africaines intègrent déjà l’intelligence artificielle pour automatiser la vérification des faits, tandis que de jeunes créateurs de contenus influencent des millions de citoyens », a-t-il rappelé.
Pour autant, le ministre a mis en garde contre les dérives possibles : « Le rôle de la presse devient plus crucial que jamais. Elle doit demeurer un rempart moral et professionnel contre la désinformation, une boussole de vérité dans un océan d’informations contradictoires. »
Un levier de soft power africain
Revenant sur les enjeux du salon, M. Mactar Silla a souligné que « l’Afrique, avec près de 75 % de sa population âgée de moins de 35 ans, dispose d’un capital jeunesse exceptionnelle qui doit être mobilisé pour bâtir son propre modèle médiatique ».
Selon lui, le SIMA doit devenir « un véritable levier de soft power national et panafricain », destiné à valoriser la diversité culturelle du continent, ses talents sportifs, artistiques, littéraires et économiques, et à renforcer son intégration à travers les médias.
Un rendez-vous appelé à durer
Elle ambitionne d’instaurer un cadre durable d’échanges et de coopération entre les acteurs africains et internationaux du secteur, en synergie avec les domaines de la technologie, de la régulation, de la formation et de l’innovation.
Plus qu’un événement, le SIMA s’impose comme une plateforme panafricaine de réflexion et d’action au service d’un continent qui veut, désormais, écrire sa propre histoire médiatique.
Jean DIATTA (avec En Relief)

