Dakar – Les femmes sénégalaises consacrent en moyenne 4h09 par jour aux tâches ménagères contre 27 minutes pour les hommes, selon l’ANSD. Un écart que le programme 3R d’ONU Femmes cherche à réduire.
Si elle était comptabilisée, la valeur des activités non rémunérées des femmes au Sénégal représenterait 13,9 % du PIB. C’est ce que révèle la première Enquête Nationale sur l’Emploi du Temps réalisée par l’ANSD en 2022. L’enquête montre aussi que les femmes consacrent en moyenne 4 heures 9 minutes par jour aux tâches ménagères et à la garde des enfants, contre seulement 27 minutes pour les hommes.
Ces données ont été rappelées ce jour à Dakar lors de l’atelier de capitalisation et de clôture du programme 3R, pour Reconnaître, Réduire et Redistribuer le travail de soins non rémunéré. Le programme, porté par ONU Femmes, vise à lever un frein structurel à la participation économique des femmes.
Un travail invisible mais essentiel
Pour Arlette Mvondo, représentante d’ONU Femmes, le constat est global : « Partout dans le monde, les femmes et les filles assument l’essentiel du travail domestique et de soins – collecte d’eau et de bois, cuisine, ménage, garde d’enfants, soins aux proches, activités bénévoles et communautaires. Ce travail est souvent non payé et absent des indicateurs économiques, alors qu’il est vital pour le bien-être des individus, des communautés et des économies.»
Le programme 3R a été expérimenté dans les régions de Saint-Louis, Sédhiou et Ziguinchor. Selon Arlette Mvondo, les résultats confirment la pertinence de l’approche. Elle cite le renforcement de la gouvernance locale et de la planification sensible au genre, l’amélioration de l’accès aux services sociaux de base, la mise en place de mécanismes endogènes pour réduire la charge de travail non rémunéré, et une amorce de transformation des normes sociales au niveau communautaire.
Une priorité pour le ministère de la Famille
« Les résultats enregistrés témoignent de la pertinence de cette initiative : renforcement de l’autonomisation économique des femmes rurales, amélioration de leur accès aux services sociaux de base, promotion de solutions innovantes adaptées aux réalités locales, et transformation progressive des normes sociales en faveur d’un partage plus équitable des responsabilités domestiques et familiales », a-t-elle déclaré.
La directrice a réaffirmé l’engagement du ministère de la Famille et des Solidarités à poursuivre la collaboration avec ONU Femmes. « Quand la famille va mieux, la société avance », a-t-elle conclu.
Ndèye Maty GNING

