Depuis 1968, la jeunesse sénégalaise apparaît régulièrement au cœur des grandes mobilisations qui accompagnent les changements politiques.
Elle est courtisée pendant les campagnes électorales.
Elle est mobilisée dans les moments de crise.
Elle est souvent présentée comme l’espoir du pays.
Mais une fois le pouvoir conquis, les réponses apportées à ses difficultés semblent trop souvent rester en deçà des attentes et des promesses.
Alors, jusqu’à quand ?
Jusqu’à quand la jeunesse sera-t-elle sollicitée pour conquérir le pouvoir, sans que la question de son avenir soit placée durablement au cœur de l’action publique ?
Jusqu’à quand faudra-t-il attendre pour traiter, dans la durée, les questions d’emploi, de formation, d’entrepreneuriat, de pouvoir d’achat, d’éducation, de logement et de perspectives d’avenir ?
Car le temps politique n’est pas le temps de la jeunesse.
Une jeunesse qui attend aujourd’hui ne peut pas se permettre d’attendre indéfiniment demain.
Il sera peut-être, un jour, trop tard.
Et si la question de la jeunesse n’est pas résolue par des réponses économiques, sociales et politiques durables, le Sénégal pourrait être confronté à une profonde rupture de son équilibre social.
Une révolution sociale pourrait alors surgir, entendue au sens historique du terme :
« Le renversement d’un ordre social par un autre ordre social. »
L’histoire nous enseigne une chose : aucune société ne peut durablement ignorer les aspirations de sa jeunesse.
Le véritable défi du Sénégal n’est donc peut-être plus de savoir comment mobiliser sa jeunesse pour conquérir le pouvoir.
Il est de savoir comment construire un pays dans lequel cette jeunesse n’aura plus besoin de la rue pour se faire entendre.
Bonne semaine à toutes et à tous !
Dakar, le 21 septembre 2026
Youssou Diallo
Président du Club Sénégal Émergent

