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Keur Massar: des femmes en marche vers l’autonomisation totale

Dans un contexte de vulnérabilité face aux inondations et au manque d’appui social, les femmes de Keur Massar Nord prennent leur destin en main. Grâce au projet «Femme organisée et autonome pour le développement durable et la sécurité alimentaire au Sénégal», piloté par l’association Soxali Djiguène, elles amorcent une transformation profonde de leur condition.

Portée par Fatou Ndoye, coordinatrice du projet, cette initiative s’inscrit dans un programme ambitieux, mêlant autonomisation économique et engagement politique des femmes. En partenariat avec la COSEF (Conseil Sénégalais des Femmes) et le Cadre de concertation des élus de Keur Massar, dirigé par Marie Awe, le projet cible spécifiquement Keur Massar Nord et Sud, deux communes en quête de résilience.

«Nous avons choisi Keur Massar Nord pour son extrême vulnérabilité face au changement climatique. C’est une zone récemment érigée en département, où les femmes manquent cruellement de soutien. Il fallait agir », explique Fatou Ndoye. Parmi les actions phares du projet, des formations en micro-jardinage hors-sol (maraîchage sur table) ont été lancées, pour permettre aux femmes de produire localement malgré les difficultés d’accès à la terre.

En parallèle, des sessions sur l’hygiène et les normes de qualité ont été organisées à l’intention des femmes actives dans la transformation de céréales.« Pour que leurs produits soient compétitifs sur les marchés, il fallait renforcer leurs capacités en hygiène. Une formatrice les a accompagnées pendant trois jours », ajoute la coordonnatrice.

D’un budget modeste de 50 000 euros (environ 32 millions de FCFA), ce projet s’étend sur un an, jusqu’en janvier 2026. Mais ses résultats pourraient bien ouvrir la voie à un déploiement dans d’autres communes. Pour Marie Awe, présidente du cadre de concertation des femmes élues de Keur Massar, «ce projet est l’aboutissement d’un partenariat stratégique avec nos amis espagnols, la COSEF et Soxali Djiguène. Il vise à doter les femmes d’outils concrets pour qu’elles soient compétitives au niveau national et international».

L’objectif final : former des femmes leaders, prêtes à s’impliquer dans la gouvernance locale, et créer une synergie entre GIE et élues locales pour faire entendre la voix des femmes dans les politiques publiques. À Keur Massar, l’autonomisation féminine n’est plus un rêve, c’est une réalité en construction.

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