Le développement de l’élevage dans la région de Kaolack reste confronté à des contraintes structurelles liées au foncier pastoral, à l’alimentation du bétail et à la santé animale. Les enjeux ont été au cœur de la rencontre d’information autour du PNDIES-P1.
À Kaolack, le développement de l’élevage reste confronté à plusieurs contraintes liées notamment à l’accès au foncier pastoral, à l’alimentation du bétail, à la santé animale et à la commercialisation des produits. La rencontre d’information organisée autour du PNDIES-P1 a remis ces enjeux au centre des débats, dans un contexte marqué par la nécessité de renforcer la concertation entre les différents acteurs.
Le développement de l’élevage dans la région de Kaolack ne se résume pas à la construction d’infrastructures. Il pose également la question de l’accès aux ressources, de la cohabitation entre activités agricoles et pastorales et de la prévention des conflits. C’est l’un des principaux enseignements de la rencontre d’information consacrée au Programme national de Développement intégré de l’Élevage au Sénégal (PNDIES-P1).
Présidée par l’adjoint au gouverneur chargé du développement, Mamadou Habib Kamara, la rencontre a réuni les services concernés, des élus locaux et des acteurs de l’élevage. Le coordonnateur national du programme, Dr Dame Sow, y a annoncé la réalisation prochaine de plusieurs infrastructures dans la région, notamment des postes vétérinaires et des parcs à vaccination.
Au-delà des infrastructures
Si les investissements annoncés doivent contribuer à améliorer l’environnement de production, les autorités administratives ont insisté sur les difficultés structurelles auxquelles les éleveurs restent confrontés.
L’accès aux espaces pastoraux figure parmi les préoccupations majeures. Dans une région où l’agriculture occupe également une place importante dans l’économie locale, la disponibilité des terres et l’utilisation des ressources naturelles nécessitent une concertation permanente entre les différents usagers.
À cette question foncière s’ajoutent l’alimentation du bétail, la santé animale, l’accès aux marchés et la valorisation des produits issus de l’élevage. Autant de facteurs qui conditionnent la performance et la résilience de la filière.
Le changement climatique, une contrainte supplémentaire
Le changement climatique vient également accentuer les difficultés du secteur. La disponibilité des ressources pastorales et alimentaires peut être affectée par les variations climatiques, renforçant ainsi la vulnérabilité des exploitations d’élevage.
Pour le représentant de l’administration territoriale, les réponses à ces défis doivent donc s’inscrire dans une démarche « intégrée, concertée et inclusive ». Une orientation qui place la concertation entre les acteurs au cœur de la mise en œuvre des politiques publiques dans le secteur.
Prévenir plutôt que gérer les conflits
Autre volet important de la rencontre : le mécanisme de gestion des plaintes mis en place par le PNDIES.
Ce dispositif doit permettre aux populations et aux bénéficiaires de faire remonter leurs préoccupations concernant la mise en œuvre du programme. Des comités sont prévus aux niveaux local, départemental et régional afin de recueillir et traiter les éventuelles réclamations.
Pour le coordonnateur national, l’objectif est avant tout de prévenir les tensions, de régler les difficultés lorsqu’elles apparaissent et de favoriser la continuité des activités du programme.
Un test pour la gouvernance locale
Au-delà des infrastructures annoncées, le PNDIES-P1 met ainsi en lumière un enjeu plus large : celui de la gouvernance des ressources pastorales et de la coexistence des différents usages de l’espace rural.
Mouhamed Moustapha CAMARA – Kaolack

