Le responsable du parti Kiiraay les Patriotes républicains dans la commune de Khélcom Birame, département de Guinguinéo, dénonce les propos attribués au député de Pastef, qui aurait traité le Président de « traître » à l’Assemblée nationale. Il rappelle les urgences de son département.
Le débat politique sénégalais est rattrapé par la question du respect des institutions. Après les propos attribués à l’honorable député Ismaïla Diallo, qui aurait qualifié le Président de la République de « traître » à l’Assemblée nationale, Malick Diouf, responsable du parti Kiiraay les Patriotes républicains dans la commune de Khélcom Birame, département de Guinguinéo, a réagi avec fermeté.
Partisan du Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, il dénonce ce qu’il considère comme une dérive du discours politique et une trahison des attentes des populations de Guinguinéo.
Dans une prise de position intitulée « Non, Honorable Ismaïla Diallo : l’insulte n’est pas un argument », Malick Diouf exprime son désaccord total. S’il habite le même département que le député, il précise ne pas le connaître personnellement, mais lui adresse une interpellation au nom des citoyens qui attendent autre chose que des sorties tapageuses dans l’hémicycle.
Pour lui, les divergences politiques ne peuvent justifier l’insulte dans l’espace institutionnel. « L’insulte à la bouche n’est jamais une solution. Elle n’élève ni son auteur ni notre démocratie », rappelle-t-il, en insistant sur la nécessité de préserver la dignité des institutions. « Comment un député peut-il perdre son temps à injurier le chef de l’État quand son département crie famine, quand ses jeunes n’ont ni emploi ni perspective, quand ses villages manquent d’eau, d’électricité et de centres de santé dignes ? »Le député, représentant de la Nation avant tout.
Au-delà de la controverse, Malick Diouf rappelle le rôle du député. Aux termes de la Constitution, le parlementaire est le représentant de la Nation. Sa mission est de voter la loi, de contrôler l’action du gouvernement et de défendre l’intérêt supérieur de la Nation.
Ce mandat lui confère des droits, mais aussi des devoirs. La liberté de parole dont il bénéficie n’est ni une licence ni un droit d’insulter. Elle doit s’exercer dans le respect de la Constitution et de la dignité de la fonction. Un député qui laisse l’invective remplacer l’argument manque à son serment républicain, estime-t-il.
Le département de Guinguinéo attend des plaidoyers, pas des polémiques
C’est sur ce point que le responsable de Kiiraay hausse le ton. Pour lui, le député semble avoir oublié que le département de Guinguinéo, dans la région de Kaolack, fait face à des urgences socio-économiques majeures.
Emploi et pauvreté : Le taux de chômage régional atteint 43,6%, grimpant jusqu’à 59,8% chez les femmes et 50,6% en milieu rural. Autant de chiffres qui pénalisent l’insertion des jeunes.
Agriculture et sécurité alimentaire : Principalement agropastoral, le département subit les aléas climatiques. L’économie repose sur l’arachide et le mil, dont les rendements conditionnent la résilience des ménages.
Infrastructures et services de base : L’accès à l’eau potable, à l’électricité et aux structures de santé reste restreint, aggravé par l’enclavement de certaines zones rurales.
« Le département de Guinguinéo a des urgences. Ses populations ont soif, elles ont faim, elles sont malades et elles sont sans emploi. Elles n’ont pas besoin qu’on insulte le président dans l’hémicycle. Elles ont besoin qu’on plaide leur cause avec dignité et efficacité », martèle Malick Diouf.
Un mea culpa public réclamé
Malick Diouf ne se contente pas de dénoncer. Il appelle le député à un mea culpa public. Pour lui, un tel geste serait une marque de grandeur, pas de faiblesse, et permettrait de restaurer le climat politique.
Il invite surtout l’élu de Guinguinéo à redevenir le porte-voix de son département : qu’il monte à la tribune pour parler du chômage des jeunes, de la détresse des femmes rurales et de l’enclavement des villages, avec des dossiers, des chiffres et des propositions. »Guinguinéo regrette que le choix porté sur Ismaïla Diallo ait abouti à une telle image. Le département présente toutes ses excuses au Président de la République », ajoute-t-il, soulignant que « de l’honorable Mamadou Moustapha Ndiaye à Mandiaye Kébé, en passant par Rokhaya Daba Diouf, jamais un élu du département n’avait étalé son impolitesse à l’hémicycle ».
« Le débat politique peut être dur. Il ne doit jamais perdre sa dignité. Et il ne doit jamais faire oublier les urgences de nos populations », conclut Malick Diouf.
Mouhamed Moustapha Camara, correspondant à Kaolack

