Après les importantes pluies enregistrées ce week-end à Dakar, notamment dans la nuit de samedi à dimanche et dans l’après-midi du dimanche 4 octobre, le Gouvernement a déclenché son dispositif d’urgence pour faire face aux inondations.
À la Zone de Captage, les ministres de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, et de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Makhtar Cissé, étaient sur le terrain lundi. Pompage, assistance aux sinistrés et réflexion sur les causes structurelles : l’État veut répondre à l’urgence tout en tirant les leçons de cette nouvelle crise.
Les fortes précipitations tombées sur Dakar ont rapidement mis à rude épreuve plusieurs quartiers de la capitale. À la Zone de Captage comme aux Parcelles Assainies, les eaux ont envahi des habitations et perturbé la vie des populations. Face à l’ampleur de la situation, les équipes opérationnelles ont été mobilisées dès les premières heures.
Le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, a lui-même effectué une tournée nocturne, de 22 heures à 6 heures du matin, entre le Centre de santé Philippe Maguilène Senghor et la Zone de Captage. Le lendemain, il est retourné sur le terrain aux côtés de son collègue de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Makhtar Cissé, pour superviser les opérations.
Un dispositif de pompage renforcé
À la Zone de Captage, les deux ministres ont inspecté le dispositif de pompage déployé par les sapeurs-pompiers. Une partie des équipements était déjà opérationnelle au moment de leur passage. Ce dispositif vient renforcer les capacités du bassin de la Zone de Captage, présenté comme disposant d’une capacité de 250 000 m³ et d’un débit de pompage de 6 000 m³ par heure.
Accompagnés des techniciens, du directeur général de l’ONAS, Séni Diène, et du directeur de la Prévention et de la Gestion des Inondations (DPGI), Madické Cissé, les ministres se sont également rendus dans plusieurs maisons touchées par les eaux.
Au nom du Président de la République, du Premier ministre et du Gouvernement, Cheikh Tidiane Dièye a exprimé la solidarité des pouvoirs publics aux populations sinistrées. « Notre équipe a été mobilisée aussitôt après la survenue de ces inondations », a-t-il indiqué, rappelant le caractère exceptionnel des précipitations enregistrées.
Les chiffres donnent la mesure de l’épisode pluvieux : 137,5 mm à Dakar-Yoff, 116,3 mm à Ngor, 106,5 mm à Mbao Km 19, 107 mm à Guédiawaye et 91,6 mm à Bambilor.
Le débat sur les responsabilités relancé
«Chacun a sa part de responsabilité », a-t-il soutenu, plaidant pour une approche structurelle permettant de s’attaquer durablement au problème. Le ministre a notamment rappelé que la vocation originelle de la Zone de Captage n’était pas destinée à l’habitation.
Pour autant, cette situation ne saurait dispenser l’État de son devoir d’assistance. Les autorités ont assuré que les populations sinistrées continueraient à bénéficier de l’appui des pouvoirs publics.
L’urgence avant les solutions durables
La mobilisation de l’ONAS, de la DPGI et des sapeurs-pompiers doit permettre de réduire rapidement les niveaux d’eau et de soulager les familles affectées. Mais l’épisode du week-end remet une nouvelle fois en évidence la vulnérabilité de certaines zones de Dakar face aux pluies intenses.
Le ministre de l’Intérieur insiste ainsi sur la nécessité de dépasser la seule gestion des urgences. « Il faut de la planification, de la planification et de l’exécution », a-t-il martelé, appelant à des solutions pérennes.
La délégation ministérielle s’est également rendue aux Parcelles Assainies, notamment auprès des familles endeuillées et des sinistrés. Le ministre des Transports a pris part à cette visite.
Entre opérations de pompage et assistance aux victimes, le Gouvernement tente donc de contenir les conséquences immédiates de ces intempéries. Mais derrière l’urgence, demeure une question essentielle : comment empêcher que chaque épisode pluvieux exceptionnel ne se transforme en nouvelle crise dans les zones les plus vulnérables de la capitale ?
Par A. L. NDIAYE

