Organisées du 17 au 19 septembre 2026 à Kaolack et Guinguinéo dans le cadre du projet VHIeillir 2, les journées de consultations médicales ont mis en lumière un enjeu majeur de santé publique : rapprocher les soins gériatriques des personnes âgées et mieux prendre en charge les maladies chroniques liées au vieillissement.
Les journées de consultations médicales organisées du 17 au 19 septembre 2026 à Kaolack et Guinguinéo, dans le cadre du projet VHIeillir 2, ont mis en lumière un enjeu devenu majeur de santé publique : rapprocher les soins gériatriques des personnes âgées et mieux prendre en charge les maladies chroniques liées au vieillissement.
Durant trois jours, les équipes médicales mobilisées dans les deux villes ont placé les personnes âgées de 50 ans et plus au centre de leur intervention. L’objectif était notamment d’identifier précocement les différentes déficiences et de proposer une prise en charge adaptée, y compris aux personnes dont la mobilité ne permet pas de se déplacer facilement vers les structures sanitaires.
Le centre de santé de Kaolack a constitué le principal point de convergence de cette opération. Au total, 495 personnes ont bénéficié de consultations médicales, tandis que l’équipe mobile a effectué 34 visites à domicile à Kaolack et Guinguinéo auprès de patients à mobilité réduite.
Au-delà du nombre de consultations, cette initiative entend promouvoir une nouvelle manière d’aborder la santé des aînés. Elle s’appuie notamment sur l’outil ICOPE, développé pour favoriser une détection précoce des déficiences liées au vieillissement et permettre une intervention avant l’apparition de complications plus importantes.
Pour le Professeur Mamadou Coumé, chef du service de gériatrie du Centre hospitalier national universitaire de Fann et coordonnateur du projet, l’adaptation de cet outil aux réalités locales constitue un élément déterminant. L’approche vise ainsi à rendre les dispositifs de dépistage et de prise en charge plus accessibles aux communautés.
Les maladies chroniques au premier plan
Les consultations ont également permis de mesurer l’ampleur des besoins sanitaires des populations vieillissantes. Selon le Dr Assane Sall, médecin gériatre à l’hôpital de Fann et coordonnateur de l’équipe médicale, plusieurs pathologies chroniques ont été fréquemment rencontrées, notamment l’hypertension artérielle, les cardiopathies et les troubles neurocognitifs.
Ces constats soulignent l’importance d’une prise en charge globale du patient âgé. La multiplication des maladies chroniques impose en effet une coordination entre les différents acteurs de santé, mais également une implication accrue des familles et des communautés.
La prise en charge à domicile comme réponse aux difficultés d’accès
L’un des enseignements majeurs de ces journées réside également dans le recours aux visites à domicile. En allant directement vers les personnes à mobilité réduite, les équipes médicales ont tenté de réduire une partie des obstacles qui éloignent certains patients âgés du système de soins.
Cette démarche de proximité permet d’atteindre des personnes souvent moins visibles dans les dispositifs classiques de consultation et de mieux comprendre leurs conditions de vie et leurs besoins.
Vers une offre gériatrique renforcée à Kaolack
L’expérience conduite à Kaolack et Guinguinéo pourrait également ouvrir une nouvelle perspective pour la région. Le Professeur Coumé a fait part de l’ambition de voir émerger un centre régional de gériatrie, destiné à renforcer l’offre de soins spécialisés en faveur des personnes âgées.
Pour les responsables du projet, les enseignements tirés de ces trois journées doivent servir de base à une réflexion plus large sur la prise en charge du vieillissement au Sénégal. L’implication du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, de la Direction de l’Action sociale et des partenaires du projet apparaît, à cet égard, comme un levier important.
À Kaolack comme à Guinguinéo, les consultations ont donc dépassé le simple cadre d’une campagne médicale ponctuelle. Elles ont surtout posé la question de l’organisation durable des soins destinés aux aînés, dans un contexte où le vieillissement de la population appelle des réponses sanitaires, sociales et communautaires mieux coordonnées.
L’enjeu est désormais de transformer les acquis de cette expérience en dispositifs pérennes, afin que l’âge, la mobilité ou l’éloignement ne constituent plus des obstacles à l’accès aux soins.
Mouhamed Moustapha CAMARA – Correspondant à Kaolack

