Fatick: Face à la montée des températures et à l’accélération des effets du changement climatique, plusieurs acteurs de la région de Fatick ont haussé le ton hier jeudi 23 octobre 2025 pour un encadrement des émissions de méthane.
C’est lors d’un atelier de plaidoyer de la société civile pour la réglementation de ces émissions de méthane dans le secteur des hydrocarbures au Sénégal. Une importante rencontre tenue à la Chambre de commerce et ayant mobilisé communautés et autorités autour de cet enjeu crucial pour lequel les communautés de Fatick appellent à légiférer.
Pour ce faire, l’organisation: Citoyens actifs pour la justice sociale (CAJUS) est montée au créneau en partenariat avec NRDI et en présence de plusieurs représentants communautaires, des élus locaux et des acteurs de la société civile.
Un gaz discret, mais destructeur
Souvent oublié dans les discussions climatiques, le méthane est pourtant un gaz à effet de serre 86 fois plus puissant que le dioxyde de carbone (CO₂) sur une période de vingt ans. Invisible et inodore, il s’échappe des exploitations pétrolières et gazières sans être toujours contrôlé. Avec le lancement des projets énergétiques à Sangomar et Saint-Louis, le Sénégal entre dans une phase décisive de son développement énergétique. Mais avec des risques environnementaux qui y sont liés inquiétant. « À Fatick, les températures sont déjà élevées. Si le méthane s’ajoute aux autres gaz à effet de serre, ce sera le comble », alerte Babacar SEYDI le point focal du CAJUS.
Des populations en première ligne, mais peu informées
Un vide juridique préoccupant
Toutefois, il faut noter que le Code de l’environnement du Sénégal, notamment en son article 133, interdit certes le torchage du gaz, mais prévoit encore de nombreuses exceptions. Et donc, aucune loi spécifique sur les émissions de méthane n’existe à ce jour. « C’est pourquoi, nous appelons l’État à légiférer sur les émissions de méthane. Ce n’est pas une question technique, c’est une question de volonté politique », a plaidé Mr Seydi.
Une mobilisation citoyenne pour interpeller les autorités
À travers cet atelier, CAJUS et NRDI veulent amorcer une campagne nationale de plaidoyer pour pousser les autorités à adopter une réglementation stricte. Les participants, parmi eux de nombreuses femmes et jeunes ont réaffirmé leur détermination à porter cette cause au niveau national. Mme Ndieme Ndong, point focal de CAJUS à Fimela, témoigne : « Il y a quinze ou vingt ans, nous ne connaissions pas ces phénomènes. Aujourd’hui, la chaleur est insoutenable. Il faut agir maintenant pour protéger nos enfants ».
Un appel à la responsabilité collective
Si l’exploitation pétrolière et gazière promet des retombées économiques, elle ne doit pas compromettre la santé publique ni la durabilité environnementale. Les citoyens de Fatick rappellent que la crise climatique est d’origine humaine et que les solutions doivent l’être aussi. « Le plaidoyer, c’est informer, influencer et inciter à agir. Nous ne voulons pas subir : nous voulons participer aux décisions qui concernent notre avenir », a fait savoir Lamine DIAGNE qui a présenté le document de plaidoyer pour renforcer la mobilisation citoyenne pour la réglementation des émissions de méthane dans le secteur des hydrocarbures au Sénégal.
L’enjeu aujourd’hui est la réglementation urgente des émissions de méthane au Sénégal. A travers l’adoption d’une loi nationale spécifique sur le méthane qui aura pour objectif majeur de protéger les populations et contribuer à la lutte mondiale contre le réchauffement climatique.
Par Mohamadou SAGNE

