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Enseignement supérieur et innovation au service de l’Etat: l’ÉPT muscle ses effectifs pour devenir le bras technique de l’agenda national de transformation

Par Pape Bakary DIATTA 

Engagée dans une dynamique de montée en puissance, l’École Polytechnique de Thiès (EPT) a décidé d’augmenter significativement sa capacité d’accueil dès la rentrée 2025-2026.

À travers la diversification de ses formations, le développement de la recherche doctorale et le renforcement de ses infrastructures, l’établissement entend se positionner comme un acteur stratégique de l’agenda de transformation nationale. Son directeur, le Pr Mamadou Wade, affiche une ambition claire : faire de l’EPT le bras technique de l’État.

Créée en 1973 par le président Léopold Sédar Senghor avec l’appui de l’École polytechnique de Montréal, l’École Polytechnique de Thiès (EPT) s’inscrit aujourd’hui dans une nouvelle phase de son développement. Plus de cinquante ans après sa création, l’institution entend jouer un rôle central dans la mise en œuvre des politiques publiques, en cohérence avec l’agenda national de transformation porté par les nouvelles autorités.

« L’EPT veut être le bras technique de l’État dans l’agenda de transformation nationale », affirme son directeur, le Pr Mamadou Wade. Pour atteindre cet objectif, l’école mise sur une montée en puissance progressive de ses effectifs et une offre de formation davantage adaptée aux besoins stratégiques du pays.

Une hausse progressive des effectifs

Dès la rentrée universitaire 2025-2026, l’EPT a engagé une augmentation significative du nombre d’élèves- ingénieurs recrutés en première année. Les effectifs passeront dans un premier temps à 150 étudiants, avant d’atteindre 200 nouveaux bacheliers par an. À terme, l’établissement ambitionne d’accueillir près de 1 000 étudiants sur son campus.

Cette croissance pose toutefois des défis majeurs en matière d’infrastructures, notamment d’hébergement. Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, à travers la Direction des moyens communs de l’enseignement supérieur (DMCEES), a ainsi lancé la construction de nouveaux pavillons au sein du campus social. « Il existe un réel vivier de candidats susceptibles d’intégrer nos filières. Nous attendons un accompagnement soutenu pour livrer les chantiers dans les meilleurs délais », souligne le Pr Wade.

Une offre de formation en phase avec les nouveaux métiers

Historiquement orientée vers le génie civil et le génie mécanique, l’EPT a élargi son champ d’intervention pour répondre à l’émergence de nouveaux métiers. Le département Informatique, fondé sur un modèle innovant d’alternance, est venu renforcer l’offre académique. À cela s’ajoutent la création d’un département de Génie industriel et le lancement de formations en aéronautique, récemment transformées en filière aérospatiale, en partenariat avec l’École de l’Armée de l’Air.

Depuis la rentrée 2025-2026, l’école déploie également des masters, mastères spécialisés, licences professionnelles et certifications dans des domaines clés tels que les énergies renouvelables, l’intelligence artificielle, la mobilité numérique ou encore le management de projets et la construction intelligente.

Des pôles d’excellence et une recherche renforcée

L’EPT développe par ailleurs plusieurs pôles d’excellence en ingénierie, notamment en intelligence artificielle, cybersécurité, robotique, défense, pétrole et gaz, ainsi qu’en géosciences. Ces initiatives s’inscrivent directement dans les 15 projets de transformation et les 60 projets prioritaires de la Vision Sénégal 2050.

Sur le plan de la recherche, deux axes structurent les programmes doctoraux : l’Ingénierie du développement durable et l’Ingénierie mathématique et systèmes intelligents. Toutefois, cette ambition nécessite un renforcement des ressources humaines et financières. « Nous avons bénéficié de postes d’enseignants-chercheurs cette année, mais les écoles d’ingénieurs doivent être davantage soutenues », plaide le directeur.

Confrontée à des contraintes budgétaires, l’EPT explore des mécanismes alternatifs de financement, à travers des formations certifiantes, des missions d’expertise et des programmes de renforcement de capacités au profit des administrations et des entreprises.

À travers ces réformes, l’École Polytechnique de Thiès confirme sa volonté de former des ingénieurs techniquement compétents et éthiquement responsables, capables d’apporter des solutions innovantes et durables au service du développement du Sénégal.

 

 

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