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En ligne de mire: Quand la politique étouffe l’essentiel au Sénégal

Il devient difficile, aujourd’hui, d’évoquer la situation de l’emploi au Sénégal sans s’arrêter sur l’omniprésence de la politique politicienne dans l’espace public.

Le pays semble s’être installé dans un cycle de querelles interminables, d’invectives quotidiennes et de débats stériles qui éclipsent les véritables priorités nationales. Au lieu d’être un outil au service du développement, la politique s’est transformée en spectacle permanent, où chaque camp cherche à marquer des points, souvent au détriment de l’intérêt général. Ce qui est plus cocasse c’est surtout le climat empoisonné qui secoue le pouvoir en place entre les pros Diomaye et les pros Sonko. Conséquence, tout cela se traduit inévitablement par un retard préoccupant dans la mise en œuvre de politiques publiques essentielles, notamment celles liées à l’emploi.

Pendant que les acteurs politiques s’écharpent, la réalité, elle, est implacable : les Sénégalais attendent. Ils attendent des programmes concrets, des réformes courageuses et des décisions structurantes capables de réduire le chômage endémique, en particulier celui des jeunes. Mais ces préoccupations semblent reléguées au second plan, noyées sous le vacarme politique quotidien. Le citoyen peine désormais à s’émouvoir des discours, tant les promesses sont répétées et rarement suivies d’effets. La confiance s’effrite, l’espoir aussi.

Le manque d’emplois pousse des milliers de jeunes à chercher ailleurs un avenir qu’ils ne voient plus se dessiner ici. Les pirogues deviennent tristement le symbole de cette fuite en avant, au péril de leur vie. Ceux qui restent vivent souvent dans un dénuement croissant. Les ménages, faute de moyens, peinent à joindre les deux bouts. Les charges augmentent, les salaires stagnent ou n’existent simplement pas. Résultat : les marchés se vident lentement. Les commerçants se plaignent, les producteurs aussi. Le pouvoir d’achat s’effondre et entraîne tout un pan de l’économie dans un cercle vicieux.

Cette situation met en lumière une évidence que nous devons avoir le courage de reconnaître: au Sénégal, la politique a pris le dessus sur les préoccupations fondamentales des populations. Elle occupe tout l’espace, absorbe l’essentiel de l’énergie nationale et laisse peu de place au travail sérieux, rigoureux et soutenu qu’exige le développement.

Les priorités semblent inversées : on discute plus qu’on n’agit, on conteste plus qu’on ne propose, on accuse plus qu’on ne construit. Et pourtant, le pays regorge de potentialités. La jeunesse est dynamique, créative et ambitieuse. Les secteurs agricoles, industriels, touristiques ou numériques ne manquent pas d’opportunités. Mais pour transformer ces atouts en emplois durables, il faut un environnement de stabilité, de vision et de responsabilité — trois éléments affaiblis par la politisation excessive de la vie nationale.

Il devient urgent de réorienter notre attention collective vers l’essentiel : le bien-être des Sénégalais. Il est temps de remettre le travail, l’économie, l’éducation, la formation et la justice sociale au centre de nos priorités. Les débats politiques doivent s’élever, être porteurs de solutions et non de divisions. Ce n’est qu’à ce prix que le pays pourra espérer retrouver une dynamique de croissance inclusive et offrir à sa jeunesse des raisons de croire en un avenir ici, chez elle.

Car un pays où la politique étouffe l’essentiel est un pays qui se prive lui-même d’avenir. Aujourd’hui plus que jamais, il nous appartient de redonner à la politique sa véritable vocation: servir et non se servir, construire et non détruire, apaiser et non enflammer. Le Sénégal en a urgemment besoin.

Le Sérère du Sine

 

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