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Diplomatie agricole: Le Sénégal accélère la mobilisation des partenariats pour sa souveraineté alimentaire

FORUM MONDIAL DE L’ALIMENTATION 2026 – ROME

Sous la conduite du Dr Cheikhou Oumar Ba, la délégation sénégalaise a marqué la deuxième journée du Forum à Rome par une offensive diplomatique tous azimuts. Rencontres avec la FAO, plaidoyer pour l’agroécologie, investissements et jeunesse agricole : Dakar veut transformer les engagements en réalisations concrètes.

Le Forum mondial de l’alimentation 2026 entre dans le concret. Pour sa deuxième journée, ce mardi à Rome, la délégation sénégalaise, conduite par le Dr Cheikhou Oumar Ba, ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, a multiplié les rencontres de haut niveau pour passer des engagements aux réalisations.

Au cœur de la stratégie sénégalaise, trois leviers : l’investissement, la science et l’innovation, avec un accent particulier sur le leadership des jeunes.

Le Sénégal et la FAO: partir du terrain

Moment fort de la journée, l’audience avec le Directeur général de la FAO. Le ministre Cheikhou Oumar Ba y a réaffirmé la doctrine sénégalaise : partir des préoccupations réelles des pays pour concevoir, avec les acteurs des territoires, des initiatives adaptées et durables.

Une approche qui intègre désormais pleinement les effets du changement climatique, notamment ceux liés au phénomène El Niño, qui fragilise les systèmes de production. L’objectif, selon le ministre, est de « faire des connaissances des pratiques, des pratiques des innovations et des innovations des investissements ».

Agroécologie: de l’expérimentation à l’échelle

La délégation a ensuite tenu une séance de travail avec le Bureau de l’innovation de la FAO et Olivier Martin, coordonnateur exécutif de la Coalition pour l’agroécologie.

Au menu : le projet Mainstream. Sa mise en œuvre nécessitera la désignation d’un point focal au ministère, le partage du rapport du dernier atelier et la tenue d’un atelier de démarrage en novembre.

Deux axes se dégagent : renforcer la gouvernance politique et développer des financements mixtes. Les discussions ont aussi porté sur la digitalisation du suivi-évaluation des champs-écoles avec l’ANCAR (Agence nationale de conseil agricole et rural). L’ambition affichée : passer des projets pilotes à un déploiement à grande échelle.

Semences, mécanisation, santé des plantes: les cinq chantiers de la souveraineté

En audience avec M. Yurdi Yasmi, directeur de la production et de la protection végétales de la FAO, le Sénégal a structuré sa demande autour de cinq pôles : semences, systèmes de culture, mécanisation et digitalisation, santé des plantes, et conventions internationales sur la biosécurité.

Sur les semences, la FAO s’est dite prête à accompagner le Sénégal pour bâtir un système articulé autour du marché, de manière progressive. Sur la mécanisation, l’accent a été mis sur la création d’un véritable écosystème, où les producteurs maîtrisent les équipements, à l’image de l’initiative « Allo Tracteurs ».

Une mission conjointe au Sénégal est envisagée pour élaborer une stratégie commune. En marge, Gnima Diayte a porté un plaidoyer pour un accompagnement accru des jeunes et des femmes agriculteurs.

La jeunesse, moteur de la transformation

La journée a fait la part belle à la jeunesse agricole. Les échanges avec le chapitre national sénégalais du Forum ont porté sur son ancrage institutionnel, sa cartographie déjà réalisée et la nécessité de renforcer son maillage territorial.

Une initiative a particulièrement retenu l’attention : celle de Mame Mbengue Sow, qui porte un projet de riziculture adaptée au climat sur 500 hectares à Matam, associant production, captation de méthane et crédits carbone.

Pour structurer cet élan, Thierno Cissé a proposé de connecter les plateformes de jeunesse – SNIJA, Conseil national consultatif des jeunes et plateforme du FIDA. Le conseiller technique Hathie a rappelé que la transformation exige une implication pleine et entière des jeunes, au-delà des rendez-vous internationaux.

Le Pr Papa Abdoulaye Seck a, lui, insisté sur la nécessité de maintenir le terrain comme référentiel de l’action publique et de lutter contre la fragmentation des interventions.

Investir autrement: du plan au champ

Au Forum d’investissement de l’Initiative Main dans la Main, le message a été unanime : transformer les plans en financements effectifs.

Donald Brown (FIDA) a plaidé pour renforcer les capacités publiques et associer directement les agriculteurs à la conception des projets. Gelsomina Vigliotti (BEI) a appelé à passer de la fragmentation à l’intégration pour créer plus de valeur. La Banque mondiale a mis en avant l’initiative AgriConnect pour accélérer la mobilisation.

Pour A. Shekhar (OLAM Food Ingredients), qui travaille avec plus de trois millions d’agriculteurs, l’accompagnement doit être global : capital, capacités et marchés.

Une ambition commune

Au terme de cette deuxième journée, le message du Sénégal est clair : la souveraineté alimentaire ne se décrètera pas. Elle se construira par des partenariats solides, des financements adaptés et une implication effective des producteurs.

À Rome, Dakar confirme qu’il entend faire de l’innovation un moteur de résilience pour ses territoires.

Cheikh Seck NDONG

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