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Dépôts sauvages d’ordures et extraction illégale du sable: Une forte mobilisation des populations pour rendre propre l’APAC de Djilor

Djilor Djidiack: Une mobilisation citoyenne pour sauver un site sacré menacé par les ordures et l’extraction de sable. C’est la belle image offerte par les habitants du village de Djilor Djidiack dans la commune de Fimela dimanche dernier.

L’initiative portée par le projet Natur’ELLES en partenariat avec la CAREM sous la coordination de Société de coopérative pour le développement international (SOCODEVI), une ONG internationale qui accompagne les communautés, a motivé une bonne implication des populations locales, les autorités municipales et services techniques autour d’un objectif commun qui est de lutter contre les dépôts sauvages d’ordures et l’extraction illégale de sable à l’intérieur du site.

Un site sacré sous menace

Classée comme Aire du Patrimoine Autochtone et Communautaire (APAC), cette forêt s’étend sur 326 hectares, dont 15 hectares de noyau central à haute valeur culturelle. Elle représente un patrimoine autochtone vital, à la fois spirituel, environnemental et identitaire. Cependant, le manque de centre de dépôt d’ordures dans la commune a transformé ce lieu en un site de décharge improvisé. Il s’y ajoute l’urbanisation croissante qui favorise du coup une extraction anarchique de sable, mettant en péril l’équilibre écologique local et donc, un site non respecté faute d’alternatives.

Des actions concrètes doublées d’un engagement collectif

Ainsi, face à ces problématiques et sous la coordination de Daouda Sow, chef du projet Natur’ELLES, et Mamadou Lamine Diédhiou, le responsable zonal de SOCODEVI, les interventions ont permis un nettoyage en profondeur de la zone. Le comité de gestion de l’APAC, réactivé et formé récemment, ainsi qu’un comité de surveillance nouvellement équipé, ont joué un rôle clé dans l’organisation de la journée. De nombreuses entités locales, telles que la Croix-Rouge, la brigade des eaux et forêts et celle de l’hygiène dirigée par l’adjudant Cheikh Tidiane Seck, la Croix-Rouge également qui a fait le déplacement et qui ont mobilisé en tout cas tout leur personnel pour la réussite de cette journée.

« L’APAC, site d’importance classé patrimoine autochtone, lieu de pratiques culturelles, est une biodiversité unique et aujourd’hui mieux protégée, grâce à un système de gouvernance locale renforcé et inclusif, impliquant les femmes, les jeunes et les notables », a déclaré Daouda Sow, chef du projet Natur’ELLES.

Mamadou Lamine Diédhiou de Socodevi quand à lui, « a déploré l’absence de solution pérenne pour la gestion des déchets ». Mais, il a également tenu à rappeler que, « l’APAC est un espace sacré, non respecté faute d’alternatives concrètes ».

Le Maire annonce des sites de collecte et d’un centre de tri

Le maire de Fimela, Karim Sène, s’est félicité de la forte mobilisation avant d’annoncer plusieurs mesures structurantes. Parmi ces mesures, figurent, « la création de sites de collecte dans chaque village, la mise en place d’un centre de tri moderne de 3 hectares, entre autres ».

Karim Séne a également annoncé que, « des partenariats sont en cours concrétisation avec des ONG et des institutions européennes dans le domaine environnemental, un secteur qui constitue pour nous une priorité dans nos compétence transférée pour lesquelles la commune va étendre ses activités pour pouvoir offrir un meilleur cadre de vie aux populations, notre préoccupation de tous les jours pour lesquelles nous saluons vivement l’implication de nos services municipaux et autres services techniques ».

Vers une résilience communautaire durable

Le projet Natur’ELLES, qui œuvre dans le Delta du Saloum et en Casamance, vise à restaurer les écosystèmes de mangrove en collaboration avec les Aires marines protégées (AMP) et autres Aires du patrimoine autochtones communautaires (APAC) nous a indiqué le coordonnateur, Daouda SOW.

Et, ajoute Mr SOW, « l’ambition pour nous est de renforcer la résilience climatique des communautés locales. Et, l’Aire du patrimoine autochtone communautaire (APAC) de Djilor qui est à la croisée de l’écologie et du sacré, devient alors pour nous un symbole de mobilisation citoyenne et de transition écologique ».

D’où, il convient de relever le défi de la gestion durable des déchets qui reste entier. Mais, pour Mamadou Lamine Diédhiou, « la dynamique enclenchée autour de Djilor montre qu’un changement profond est possible lorsque les communautés s’approprient leur patrimoine en luttant contre les dépôts sauvages d’ordures mais également l’extraction illégale de sable pour l’urbanisation constituant en même temps une menace pour les écosystèmes dont la dégradation occasionne des risques sanitaires à travers la prolifération des moustiques.

Ainsi, à travers cette journée de mobilisation autour de la protection du site à haute valeur écologique et culturelle, qui a permis en même temps la réactivation du comité de gestion de l’APAC (inclusif : femmes, jeunes…), c’est une forte dynamique communautaire qui est maintenant en marche pour protéger durablement l’Aire du patrimoine autochtone communautaire (APAC) de Djilor.

Reportage de Mohamadou SAGNE

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