Djilor Djidiack: Une mobilisation citoyenne pour sauver un site sacré menacé par les ordures et l’extraction de sable. C’est la belle image offerte par les habitants du village de Djilor Djidiack dans la commune de Fimela dimanche dernier.
L’initiative portée par le projet Natur’ELLES en partenariat avec la CAREM sous la coordination de Société de coopérative pour le développement international (SOCODEVI), une ONG internationale qui accompagne les communautés, a motivé une bonne implication des populations locales, les autorités municipales et services techniques autour d’un objectif commun qui est de lutter contre les dépôts sauvages d’ordures et l’extraction illégale de sable à l’intérieur du site.
Un site sacré sous menace
Des actions concrètes doublées d’un engagement collectif
Ainsi, face à ces problématiques et sous la coordination de Daouda Sow, chef du projet Natur’ELLES, et Mamadou Lamine Diédhiou, le responsable zonal de SOCODEVI, les interventions ont permis un nettoyage en profondeur de la zone. Le comité de gestion de l’APAC, réactivé et formé récemment, ainsi qu’un comité de surveillance nouvellement équipé, ont joué un rôle clé dans l’organisation de la journée. De nombreuses entités locales, telles que la Croix-Rouge, la brigade des eaux et forêts et celle de l’hygiène dirigée par l’adjudant Cheikh Tidiane Seck, la Croix-Rouge également qui a fait le déplacement et qui ont mobilisé en tout cas tout leur personnel pour la réussite de cette journée.
Mamadou Lamine Diédhiou de Socodevi quand à lui, « a déploré l’absence de solution pérenne pour la gestion des déchets ». Mais, il a également tenu à rappeler que, « l’APAC est un espace sacré, non respecté faute d’alternatives concrètes ».
Le Maire annonce des sites de collecte et d’un centre de tri
Le maire de Fimela, Karim Sène, s’est félicité de la forte mobilisation avant d’annoncer plusieurs mesures structurantes. Parmi ces mesures, figurent, « la création de sites de collecte dans chaque village, la mise en place d’un centre de tri moderne de 3 hectares, entre autres ».
Karim Séne a également annoncé que, « des partenariats sont en cours concrétisation avec des ONG et des institutions européennes dans le domaine environnemental, un secteur qui constitue pour nous une priorité dans nos compétence transférée pour lesquelles la commune va étendre ses activités pour pouvoir offrir un meilleur cadre de vie aux populations, notre préoccupation de tous les jours pour lesquelles nous saluons vivement l’implication de nos services municipaux et autres services techniques ».
Vers une résilience communautaire durable
Et, ajoute Mr SOW, « l’ambition pour nous est de renforcer la résilience climatique des communautés locales. Et, l’Aire du patrimoine autochtone communautaire (APAC) de Djilor qui est à la croisée de l’écologie et du sacré, devient alors pour nous un symbole de mobilisation citoyenne et de transition écologique ».
D’où, il convient de relever le défi de la gestion durable des déchets qui reste entier. Mais, pour Mamadou Lamine Diédhiou, « la dynamique enclenchée autour de Djilor montre qu’un changement profond est possible lorsque les communautés s’approprient leur patrimoine en luttant contre les dépôts sauvages d’ordures mais également l’extraction illégale de sable pour l’urbanisation constituant en même temps une menace pour les écosystèmes dont la dégradation occasionne des risques sanitaires à travers la prolifération des moustiques.
Ainsi, à travers cette journée de mobilisation autour de la protection du site à haute valeur écologique et culturelle, qui a permis en même temps la réactivation du comité de gestion de l’APAC (inclusif : femmes, jeunes…), c’est une forte dynamique communautaire qui est maintenant en marche pour protéger durablement l’Aire du patrimoine autochtone communautaire (APAC) de Djilor.
Reportage de Mohamadou SAGNE

