Site icon DEVINFOS

De 2024 à 2026 : trois années de parole du Président Bassirou Diomaye Faye à la tribune des Nations Unies

A l’occasion de la 81e assemblée générale des Nations Unis, le Président de la République s’est adressé au monde entier pour la troisième fois consécutive à la tribune des Nations Unies. Trois années successives, trois discours assez révélateurs. De 2024 à 2026, en passant par 2025, le discours de son Excellence s’est articulé autour d’une ligne de conduite ayant comme soubassement, la paix, le respect du droit international, le multilatéralisme, la justice, la coopération, entre autres thématiques. Les contextes et priorités ont évolué certes d’une année à l’autre, mais une constance demeure : la conviction que les grands défis contemporains ne peuvent être relevés dans l’isolement, encore moins dans les rapports de force.

Pour sa première participation en septembre 2024, le Président Diomaye a d’emblée placé son intervention sous le signe de « l’unité dans la diversité ». Il présente ce signe comme une condition de la paix, du développement durable et de la dignité humaine. Il réaffirme ainsi les principes qui fondent, selon lui, l’ordre international à savoir l’égalité, la justice, les droits humains, le respect de la Charte des Nations Unies et le multilatéralisme.

A l’occasion de cette première prise de parole devant le concert des Nations Unis, le Chef de l’Etat avait fait montre de sa volonté de voir l’humain replacé au centre des préoccupations internationales, comme l’avait exprimé le thème de cette 79e assemblée générale. Face aux multiples conflits, aux inégalités qui ne cessent d’augmenter et aux effets du changement climatique, le Président estime que les principes de la Charte des Nations Unis ne peuvent rester de simples références diplomatiques. La question palestinienne, la situation au Sahel, la sécurité alimentaire, l’accès à l’éducation et à la santé, mais aussi la réforme de la gouvernance mondiale occupa ainsi une place importante dans son propos.

En septembre 2025, le Président nous gratifia d’un discours avec un ton ayant évolué. Loin d’abandonner les principes posés un an plus tôt, son Excellence Bassirou Diomaye s’attarde davantage sur les dysfonctionnements du système international et sur la nécessité de le réformer. Les conflits se multiplient, le terrorisme monte en puissance, le changement climatique impacte davantage les populations, notamment les plus vulnérables et principalement celles africaines, la crise économique mondiale s’accentue, alors que la solidarité internationale recule. D’un ton ferme, le Chef de l’Etat sénégalais dénonça ainsi le risque d’un monde dominé par le «droit du plus fort» et par une logique de « deux poids deux mesures ».

Cette deuxième prise de parole présidentielle devient alors plus directement réformatrice. Il invite à une réforme du Conseil de sécurité, une meilleure représentation de l’Afrique, la transformation de l’architecture financière internationale. Il évoque entre autres, les  questions liées à  la dette, la justice fiscale et le financement de l’adaptation climatique. Il considère que les solutions à ces questions sont des conditions nécessaires à un ordre mondial plus équilibré. A cet effet, il affirme « La paix plutôt que les conflits ; la justice plutôt que l’indifférence ; le partenariat plutôt que les rapports de force. »

En cette 81e assemblée générale, le discours de notre cher Président Bassirou Diomaye Faye franchit une nouvelle étape. Pour cette assemblée de 2026, le Chef suprême des armées, en plus de rappeler les principes, a dénoncé les insuffisances du système international et insisté sur la nécessité d’agir avec notamment « un traitement soutenable de la dette ; une fiscalité mondiale équitable ; un meilleur accès aux financements concessionnels ». Il fait part de la candidature du Sénégal à un siège non permanent du Conseil de sécurité pour la période 2032-2033, apporte son soutien à la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire Général des Nations Unies. Il évoque également la nécessité d’une intelligence artificielle éthique, responsable et inclusive et fait part du rôle que le Sénégal décide de jouer dans la réponse aux défis environnementaux à travers la troisième Conférence des Nations Unies sur l’eau, co-organisée avec les Émirats arabes unis en fin 2026. L’actualité sportive n’est pas en reste. Les Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026 sont présentés comme une autre expression d’une diplomatie fondée sur le dialogue, la rencontre des peuples et la paix.

Le discours à l’occasion de cette 81e assemblée générale de NU montre à quel point le Chef de l’Etat sénégalais tient au multilatéralisme qui doit être rendu plus efficace, plus représentatif et plus adapté aux réalités contemporaines. Selon lui, « Le Sénégal ne partage pas cette vision » d’un multilatéralisme dépassé et que le monde a besoin d’une Organisation des Nations Unies « plus forte, plus représentative et plus efficace».

La formule de clôture de ce discours de 2026 résume en somme, le dynamisme de la parole présidentielle durant ces trois années à la tribune des Nations Unies : « des ponts plutôt que des murs. Le dialogue plutôt que la confrontation. La coopération plutôt que l’isolement. Le droit plutôt que la force. »

Dr Philippe Malick DIONE

Membre Kiiraay, Les Patriotes Républicains.

 

Quitter la version mobile