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Conseils départementaux du Sénégal: les présidents plaident pour la mise en place d’une fiscalité dédiée aux départements 

Les rideaux sont tombés, mercredi, sur les travaux de l’assemblée générale annuelle de l’association des présidents de conseils départementaux du Sénégal (ADS) organisée à Somone.

Par Oumar Ngatty Ba

Cette assemblée générale ayant pour thème: « Le repositionnement des départements dans le cadre de la mise en place des pôles territoires » qui coïncide avec le 10ème anniversaire de l’ADS a revêtu un caractère international avec la participation à ces assises d’une importante délégation italienne conduite par la présidente de la province de Cosenza (Région de Calabria), Mme Rosaria Succurro.

Après deux jours de travaux axés autour de deux thématiques à savoir le repositionnement des départements en perspective de la mise en place des pôles territoires et aussi sur les enjeux de la gouvernance locale et de la coopération décentralisée, les présidents de conseils départementaux se sont quittés sur une note de satisfaction et d’espoir.

Ces deux panels ont permis à ces présidents de dresser un certain nombre de recommandations concrètes qui seront compilées dans un rapport que l’ADS va remettre au ministère de tutelle. Faisant le point à l’issue de la rencontre, le président de l’ADS, Ahmet Bengeloune, président du conseil départemental de Kaolack, a tenu d’abord à remercier le ministre de tutelle, les présidents des départements, les partenaires techniques et financiers, les experts pour leur disponibilité et leur participation.

Aussi, a-t-il souligné que les présidents ont voté à l’unanimité les rapports d’activités et financiers avant de plébisciter le projet de budget de 2025 qui tourne autour de 243 millions FCfa. Mettant l’accent sur les recommandations, le président Bengeloune a insisté sur l’importance des départements pour la réussite des pôles territoires, le renforcement des moyens des départements (humains, financiers, matériels).

Dans le même sillage, le président de l’ADS a plaidé pour la mise en place d’une fiscalité dédiée aux départements, le renforcement du budget consolidé d’investissement (BCI). Aussi, le président Bengeloune a fait savoir que les présidents souhaitent l’élargissement des compétences des départements. Après avoir évoqué une question liée au statut de l’élu local, a-t-il ajouté, ces derniers souhaitent également la mise en place d’un programme de construction de sièges de conseils départementaux.

De plus, ont-ils tous mis l’accent sur l’importance de la coopération décentralisée qui constitue une bouffée d’oxygène pour un certain nombre de départements. Selon le président Bengeloune, la présence de la délégation de la province de Cosenza qui est en relation avec le département de Kaolack œuvre de belles perspectives pour les autres départements. Le département de Mbour a abrité cette assemblée générale de l’ADS et son président Saliou Samb n’a pas caché sa satisfaction.

Après avoir souligné l’importance du thème, le président du conseil départemental de Mbour a fait noter que « la réforme engagée par les nouvelles autorités étatiques à travers la vision Sénégal 2050 nous projette dans une nouvelle ère de développement où la logique de pôles territoire remplace de la décentralisation ». Dans cette nouvelle vision, M. Saliou Samb a soutenu que dans cette nouvelle vision, le département n’est pas un acteur périphérique mais un acteur central. « Il nous appartient à nous présidents de conseils départementaux d’affirmer cette centralité », selon Saliou Samb.

Après avoir mis l’accent sur les enjeux (aménagement du territoire, planification, proximité, mobilisation), le président Saliou Saliou est d’avis que le conseil départemental doit devenir un acteur de convergence capable de porter des projets structurants à l’échelle du pôle, de mobiliser des financements, d’accompagner les communes dans la structuration de leurs actions et de dialoguer avec l’Etat comme avec les partenaires techniques. « Pour cela, nous devons nous outiller, nous former, renforcer nos capacités institutionnelles, techniques, humains. C’est précisément ce que l’ADS nous offre à travers cette assemblée générale », a-t-il enfin dit.

 

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