Réuni ce mercredi 2 septembre 2026 sous la présidence de Bassirou Diomaye Diakhar Faye, le Conseil des ministres a été largement consacré aux urgences économiques et sociales. Au lendemain de l’accord technique avec le FMI et de l’annonce du Plan de traitement de la dette, le Chef de l’État demande au Gouvernement d’accélérer les réformes, de préserver le pouvoir d’achat et de produire des résultats concrets pour les populations.
Le ton est donné. Le Président de la République veut désormais un Gouvernement davantage tourné vers l’action, les réalisations et les résultats. Lors du Conseil des ministres tenu ce mercredi au Palais de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye a placé la relance économique, la maîtrise du coût de la vie et la prise en charge des urgences sociales au cœur de ses orientations.
Le Chef de l’État s’est d’abord félicité de la conclusion de l’accord technique de principe entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI), qui doit permettre la mobilisation de 1 243 milliards de FCFA, soit 2,2 milliards de dollars, sur trois ans au titre de la Facilité élargie de crédit. Il a salué le travail accompli par le Gouvernement et les services de l’État impliqués dans les négociations.
Mais pour le Président Diomaye Faye, cet accord ne constitue qu’une étape. Il demande à l’équipe gouvernementale d’intensifier le travail et d’engager des mesures concrètes en faveur des ménages et de l’économie nationale. La préservation du pouvoir d’achat et la lutte contre la cherté de la vie figurent ainsi parmi les priorités. Le Chef de l’État insiste notamment sur la maîtrise des prix des denrées et services de consommation courante, ainsi que sur l’application rigoureuse des dispositifs de protection du consommateur.
La question des loyers occupe également une place importante dans les orientations présidentielles. Bassirou Diomaye Faye demande le déploiement effectif des mécanismes réglementaires et coercitifs destinés à réguler les coûts des loyers. Il appelle parallèlement à renforcer la veille stratégique afin de sécuriser les approvisionnements du pays et à accélérer la relance des secteurs et filières essentiels, en partenariat avec le secteur privé.
Dans cette dynamique, le Président de la République a demandé au Premier ministre de préparer la prochaine tenue du Conseil présidentiel de l’investissement (CPI), avec la participation des organisations du secteur privé. Il a également annoncé une prochaine session spéciale du COS-PETROGAZ et demandé l’activation des instances de pilotage du Fonds intergénérationnel.
Dette et finances publiques : accélération exigée
La communication du Premier ministre a prolongé cette orientation économique. Le chef du Gouvernement a notamment évoqué les diligences à accomplir après l’accord technique avec le FMI et la mise en œuvre du Plan de traitement de la dette du Sénégal, annoncé le 1er septembre.
Il a demandé l’accélération du dispositif de ciblage des subventions et le règlement, au plus tard à la fin septembre, des bourses de sécurité familiale. Il a également instruit le ministre chargé des Finances de déposer rapidement à l’Assemblée nationale le projet de Loi de finances rectificative 2026, adapté aux nouvelles données issues de l’accord avec le FMI.
Autre échéance majeure : les résultats de l’audit sur les arriérés intérieurs doivent être soumis à l’approbation présidentielle afin de permettre le démarrage des paiements avant la fin de l’année. Les créances des TPE, PME et PMI devront être prioritaires.
Le projet de Loi de finances initiale 2027 devra, quant à lui, être finalisé et examiné en Conseil des ministres au plus tard le 30 septembre 2026.
Emploi, protection sociale et santé au premier plan
Au-delà des finances publiques, le Conseil des ministres a accordé une attention particulière aux questions sociales. Le Président de la République demande l’activation rapide du paiement des bourses de sécurité familiale dans le cadre du Registre national unique actualisé.
Il souhaite également une réflexion stratégique sur le financement durable de la Couverture sanitaire universelle, la revalorisation des pensions de retraite et le renforcement des mécanismes de solidarité nationale. Le Gouvernement devra par ailleurs présenter prochainement un projet de loi sur l’autonomisation économique des femmes.
Dans le secteur de la santé, le Chef de l’État appelle à des concertations avec les partenaires sociaux afin de parvenir à une stabilité durable. Il demande aussi d’accélérer la livraison des infrastructures sanitaires en construction, notamment l’hôpital Aristide Le Dantec, le Centre national d’Oncologie et l’hôpital de Ourossogui, ainsi que le recrutement de nouveaux personnels de santé.
Jeunesse et JOJ : mobilisation générale
La jeunesse demeure également au cœur des priorités présidentielles. Bassirou Diomaye Faye demande l’accélération de la formation duale, de la construction des centres départementaux de formation professionnelle et technique et du développement des ISEP et autres infrastructures scolaires et universitaires.
À l’approche des JOJ Dakar 2026, le Chef de l’État a salué les efforts déployés pour livrer les infrastructures majeures, notamment le Village olympique et le Centre équestre de Diamniadio. Il appelle désormais à une mobilisation nationale pour assurer le succès de cette première édition africaine des Jeux olympiques de la jeunesse.
Le Gouvernement est ainsi appelé à finaliser les travaux de proximité et à améliorer le cadre de vie dans les zones d’accueil, avec une implication accrue des populations et particulièrement des jeunes.
Au terme de ce Conseil des ministres, une ligne ðdirectrice se dégage : après les annonces et les réformes engagées, l’exécutif est désormais attendu sur leur traduction concrète dans le quotidien des Sénégalais. Le prochain rendez-vous majeur sera la Déclaration de politique générale du Premier ministre, prévue devant l’Assemblée nationale en session extraordinaire, qui devra décliner le programme de travail du Gouvernement pour les prochains mois.
Par Ch. S. NDONG (avec En Relief)

