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Conférence publique de Sebi arts: l’émigration, entre atout et problématique

Sebikotane, Dakar – Le samedi dernier, l’organisation SEBI ARTS a tenu une conférence publique portant sur un sujet d’actualité brûlantes: «L’Émigration, atout et problématique». La conférencière invitée, Mme Houleye Thiam, sociologue et assistante sociale installée à Columbus (États-Unis), a brillamment exposé les enjeux multiples de l’émigration dans le contexte africain et plus particulièrement sénégalo-mauritanien.

D’entrée, Mme Thiam a affirmé: «Quand il faut parler, il ne faut surtout pas se taire. Émigrée et activiste, je suis bien placée pour en parler». Reprenant une citation américaine, elle a souligné que parler de l’Histoire est la meilleure manière d’inspirer.

Trois dimensions de l’émigration

Son intervention s’est structurée autour de trois axes;

Les raisons qui poussent à partir ailleurs

Mme Thiam a évoqué la discrimination, l’insécurité, l’espoir de réussite, la politique locale défaillante ainsi que les pressions du système international. Des facteurs qui poussent chaque année des milliers de jeunes à tenter leur chance au-delà des frontières.

Les atouts de l’émigration

Elle a reconnu les opportunités professionnelles, la possibilité de découvrir d’autres cultures et de bénéficier d’un certain confort matériel. Autant de bénéfices qui attirent, parfois à tort, ceux qui idéalisent l’Occident.

Les problématiques rencontrées

Mme Thiam n’a pas manqué de souligner le prix souvent lourd payé par les émigrés : choc culturel, déracinement, nostalgie du pays natal, difficultés d’éducation des enfants selon les repères culturels d’origine, et surtout la publicité mensongère véhiculée par certains anciens émigrés qui peignent un tableau idyllique, loin de la réalité.

Un appel à la vérité et à la valorisation de l’Afrique

Face à cette complexité, elle a lancé un appel fort : « Que les émigrés qui rentrent parlent des réalités de leur pays d’accueil. Il est temps de valoriser nos pays et de croire que le futur, c’est l’Afrique».

Mme Thiam a conclu par une dénonciation sans détour du racisme encore présent en Mauritanie : « Des personnes souffrent simplement parce qu’elles sont noires. Ce n’est pas normal au XXIe siècle. »

Elle a également posé une question fondamentale : « Ce que nous gagnons dans l’émigration vaut-il ce que nous perdons ? » Pour elle, l’émigration n’est pas un mirage, mais une réalité à démystifier. Les solutions sont à la fois collectives et individuelles.

Interventions complémentaires

La conférence s’est enrichie de l’intervention de M. Abdoulaye Racine Senghor, qui a rappelé: «/L’histoire de l’humanité est l’histoire des migrations. Tenter d’arrêter l’émigration, c’est comme vouloir arrêter la mer avec ses bras».  Il a mis en garde contre l’illusion de l’ailleurs et l’obsession de réussir sans effort. Pour lui, seul le devoir de l’effort mène à la réussite.

D’autres intervenants ont ensuite pris la parole, avant que la conférencière ne réponde aux questions du public, clôturant ainsi une rencontre riche, sincère et inspirante.

Al Amine DIA

 

 

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