L’allocution du ministre des Pêches, des Infrastructures maritimes et portuaires
Monsieur le Secrétaire Général du Ministère des Pêches, des Infrastructures maritimes et portuaires,
Monsieur le Directeur de Cabinet du Ministère des Pêches, des Infrastructures maritimes et portuaires,
Monsieur le Représentant du Ministre des Forces armées,
Monsieur le Représentant du Ministre des Finances et du Budget,
Monsieur le Représentant du Ministre de l’Intérieur et de la sécurité publique,
Monsieur le Représentant du Ministre de l’Environnement et de la Transition écologique,
Mesdames et Messieurs les Directeurs généraux,
Mesdames et Messieurs les Directeurs nationaux,
Mesdames et Messieurs les chefs de services,
Mesdames et Messieurs les représentants de la Société civile,
Mesdames et Messieurs les acteurs de la pêche, de l’aquaculture, et des infrastructures maritimes et portuaires,
Messieurs les Facilitateurs,
Mesdames et Messieurs, à vos rangs, titres et qualités,
Permettez-moi, à l’entame de mes propos, d’adresser mes remerciements les plus sincères à chacune et chacun d’entre vous pour avoir bien voulu répondre à notre invitation qui, d’ailleurs, est également la vôtre, puisque nous partageons ensemble ce secteur dans toutes ses composantes.
En effet, j’ai l’immense plaisir d’être parmi vous aujourd’hui pour procéder au lancement des travaux de cet atelier de deux jours, consacré aux concertations sur la pêche artisanale. Cette rencontre s’inscrit dans la continuité des échanges déjà organisés dans l’ensemble des régions de pêche du Sénégal.
Toutefois, elle est, avant tout, la résultante des instructions données par son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar Faye, Président de la République, à l’occasion du Conseil des ministres du 05 mars 2025.
En effet, considérant que la pêche artisanale est un sous-secteur névralgique qui occupe une frange importante de la population active et, prenant en compte les difficultés constatées ces dernières années, le Chef de l’Etat avait, à cette occasion, demandé à Monsieur le Premier Ministre et au Ministre en charge des Pêches que je suis, d’engager des concertations inclusives avec tous les acteurs concernés en vue d’asseoir la relance et le développement de ce sous-secteur vital de l’économie nationale.
Sur cette base, j’ai, dès la réunion de coordination de mon département tenue le 11 mars 2025, instruit mes services d’engager un dialogue inclusif et responsable.
C’est pourquoi, je tiens à exprimer ma sincère gratitude à toutes les parties prenantes qui se sont activement investies dans ces concertations menées depuis la base pour matérialiser cette volonté si chère au Président de la République. Les conclusions issues de ces échanges au niveau local, seront partagées et discutées tout au long de cet atelier, dans un esprit de dialogue constructif et de co-construction.
Mesdames, Messieurs,
Le secteur des pêches et de l’aquaculture revêt une importance stratégique, tant pour la production qu’il génère, que pour sa contribution à la sécurité alimentaire, à la création d’emplois et les revenus qu’il procure à l’État.
Cependant, malgré ce potentiel, le secteur, et plus particulièrement le segment artisanal, fait face à de sérieuses difficultés qui menacent sa durabilité. La principale contrainte réside dans la surcapacité de pêche- directe et indirecte- , le non-respect des tailles minima autorisées, ainsi que l’usage croissant d’engins et de méthodes inappropriés, entraînant une surexploitation des stocks et une forte détérioration de la rente halieutique.
Ces pratiques nuisent non seulement aux écosystèmes marins et côtiers, mais compromettent aussi les moyens de subsistance des communautés qui dépendent étroitement de ces ressources.
- la mise en place d’organes de concertation;
- l’élaboration de plans d’aménagement et de gestion des pêches;
- l’adoption de stratégies de lutte contre la pêche illicite, Non déclarée et Non réglementée.
Toutefois, les difficultés s’accumulent, aggravant la pauvreté dans les communautés côtières.
C’est pourquoi, dans une démarche participative et inclusive, nous avons souhaité initier ces journées de dialogue, fondées sur l’écoute, la transparence et la co-construction. Trois axes guideront nos travaux :
- Le respect de la réglementation: Le cadre légal encadrant la pêche artisanale vise à garantir la durabilité des ressources et l’équité entre les acteurs. Son application effective est indispensable pour préserver notre patrimoine halieutique. Il nous appartient de renforcer ensemble les mécanismes de contrôle, tout en favorisant l’appropriation des règles par les communautés.
- La gestion des infrastructures de pêche artisanale : Celles-ci, notamment les quais, les marchés centraux au poisson et les complexes frigorifiques, doivent être administrées de manière durable, inclusive et professionnelle, dans l’intérêt des acteurs, des collectivités territoriales mais aussi et surtout de l’Etat qui en est le bailleur.
- La subvention des moteurs hors-bord : Des efforts notables ont été réalisés pour faciliter l’accès des pêcheurs à des équipements. Toutefois, des évaluations s’imposent sur l’efficacité de ces subventions et pour identifier des alternatives plus cohérentes pour un meilleur avenir du secteur des pêches, surtout du segment artisanal.
Mesdames, Messieurs,
Cette politique s’inscrit en cohérence avec l’Agenda national de Transformation « Vision Sénégal 2050 », notamment à travers sa déclinaison quinquennale — la Stratégie nationale de Développement (SND 2025-2029) qui vise à « promouvoir un développement endogène et durable, porté par des territoires responsabilisés, viables et compétitifs, jetant les bases de la souveraineté économique ».
Je vous invite donc à prendre une part active à ces concertations, dans un esprit de responsabilité collective, car il en va de l’avenir de notre secteur, de nos ressources halieutiques et de la sécurité économique de milliers de familles sénégalaises.
Nos travaux devront aboutir à :
- La validation d’une feuille de route claire et opérationnelle ;
- La mise en place d’un cadre multi-acteurs de suivi ;
- L’élaboration d’une charte d’engagement partagée entre le ministère et les professionnels de la pêche artisanale.
Au nom du Gouvernement, je réaffirme notre engagement à accompagner la transformation du secteur de la pêche artisanale, dans le respect des principes d’équité, de durabilité et de souveraineté alimentaire.
Sur ce, je déclare ouvertes les journées de concertations sur la pêche artisanale et souhaite plein succès à vos travaux.

