À travers l’inauguration de l’autoroute Mbour-Kaolack par le président Bassirou Diomaye Faye, le Collectif Fattali Rappel remet au cœur du débat la nécessité de préserver une tradition républicaine : reconnaître le mérite et l’action des prédécesseurs, au-delà des alternances politiques. Une exigence qui, selon le collectif, doit s’appliquer aux grands projets structurants, notamment ceux initiés sous le magistère de Macky Sall.
Rendre à César ce qui appartient à César. C’est, en substance, le message lancé par le Collectif Fattali Rappel au lendemain de l’inauguration, samedi, de l’autoroute Mbour-Kaolack par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye.
Pour le collectif, cette cérémonie offre surtout l’occasion de rappeler une évidence : la continuité de l’État doit transcender les alternances politiques. Si le chef de l’État actuel a procédé à l’inauguration de cette infrastructure majeure, le projet est le fruit d’une vision, de décisions et d’engagements pris sous le magistère de l’ancien président Macky Sall.
Fattali Rappel estime ainsi qu’il convient de distinguer l’inauguration d’un ouvrage de son origine. Une infrastructure ne naît pas le jour de sa mise en service. Elle est le résultat d’une vision, d’études, de décisions politiques, de financements et de plusieurs années de travaux.
À cet égard, l’autoroute Mbour-Kaolack apparaît, aux yeux du collectif, comme l’un des projets phares de la politique d’infrastructures engagée sous Macky Sall. Son inauguration aujourd’hui par Bassirou Diomaye Faye illustre précisément, selon Fattali Rappel, la réalité de la continuité de l’État : un président peut inaugurer un projet initié par son prédécesseur, parce que ce projet appartient désormais au patrimoine de la République.
Le collectif insiste également sur l’importance de reconnaître la vision et le mérite de Macky Sall dans la réalisation de plusieurs infrastructures structurantes. BRT, TER, ponts, autoroutes et autres grands ouvrages sont cités comme autant de projets qui ont été pensés, engagés ou lancés sous son magistère et dont les populations continuent de bénéficier.
Pour Fattali Rappel, cette reconnaissance ne saurait être interprétée comme une démarche partisane. Elle relève d’une exigence de vérité et de mémoire institutionnelle. Reconnaître le mérite d’un prédécesseur ne signifie pas minimiser l’action de son successeur.
Au contraire, le président Bassirou Diomaye Faye, en procédant à l’inauguration de l’autoroute Mbour-Kaolack, participe lui-même à cette continuité de l’État. Il revient désormais aux autorités actuelles de poursuivre, d’achever, de mettre en service et de valoriser les projets hérités des précédents régimes lorsque ceux-ci répondent à l’intérêt général.
Une tradition républicaine à préserver
Pour le Collectif Fattali Rappel, cette conception de l’État n’est pas nouvelle au Sénégal. De Léopold Sédar Senghor à Macky Sall, en passant par Abdou Diouf et Abdoulaye Wade, la reconnaissance du mérite et de l’action des prédécesseurs a toujours constitué une tradition républicaine, observée au-delà des alternances politiques.
Les changements de majorité et de gouvernement n’ont jamais eu vocation à effacer l’histoire des institutions ni à nier les réalisations des régimes précédents. Chaque pouvoir s’inscrit dans une histoire plus longue et contribue, à son tour, à construire le Sénégal.
C’est cette élégance républicaine que Fattali Rappel invite les autorités actuelles à préserver. Pour le collectif, l’alternance doit changer les gouvernants, pas la mémoire de l’État.
Dans cette logique, rendre hommage à Macky Sall pour sa vision et pour les grands projets initiés sous son magistère ne signifie nullement remettre en cause la légitimité du pouvoir actuel. C’est simplement reconnaître que les réalisations d’un régime peuvent devenir le patrimoine de toute la nation.
L’autoroute Mbour-Kaolack en est une parfaite illustration. Initiée sous Macky Sall et inaugurée sous Bassirou Diomaye Faye, elle témoigne, à elle seule, de la nécessité de penser l’action publique dans la durée.
Pour Fattali Rappel, le Sénégal gagnerait ainsi à renouer pleinement avec cette culture de la reconnaissance. Saluer ceux qui ont été à l’origine d’un projet, tout en reconnaissant ceux qui l’ont achevé et inauguré, c’est respecter la vérité, l’histoire et la continuité de l’État.
Car, au-delà des hommes et des alternances, les infrastructures restent, les institutions demeurent et la République continue.
- L. NDIAYE (avec En Relief)

