Par Mohamadou SAGNE
La ville de Fatick a accueilli, mercredi 19 novembre 2025, un important atelier de sensibilisation consacré au dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive (LBC/FT/FP).
Le commissaire-contrôleur des assurances au ministère des Finances et du Budget, M. Mor Ngom, également membre du Comité national de coordination, est revenu sur la portée de cette campagne de sensibilisation, récemment menée à Kaolack et à Fatick. Selon lui, cette initiative vise avant tout à « remobiliser les populations et l’ensemble des acteurs publics et privés autour de la lutte contre le blanchiment des capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive ».
Une campagne nationale en préparation de l’évaluation du GIABA
M. Ngom a rappelé que le Sénégal fera l’objet, en février 2026, d’une évaluation mutuelle conduite par le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA). « C’est dans le cadre de la préparation de cette évaluation que le Comité national de coordination a initié cette campagne, qui sera menée dans les 14 régions du pays», a-t-il précisé.
Interrogé sur la position actuelle du Sénégal, il a souligné que le risque lié au financement du terrorisme demeure « faible », tout en reconnaissant que le contexte régional — notamment la situation sécuritaire au Mali — impose une vigilance accrue. « Le risque zéro n’existe pas. Des mesures ont été prises pour contenir les menaces, et nous voulons ramener le niveau de risque à un seuil encore plus faible », a-t-il ajouté.
Mobiliser toutes les couches de la population
La campagne de sensibilisation vise également à renforcer l’implication des populations et des collectivités territoriales. « La lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme doit être l’affaire de tous », a insisté M. Ngom. Les gouverneurs, préfets, sous-préfets, maires, représentants du secteur privé et leaders communautaires sont ainsi appelés à jouer un rôle actif dans la détection et la prévention des risques.
Le trafic de migrants et autres infractions graves a été également abordé. Une question d’ailleurs évoquée par la gouverneure de Fatick, M. Ngom qui a rappelé que ce phénomène, tout comme le trafic de drogue ou d’autres infractions graves, constitue une source potentielle de blanchiment. La CENTIF reçoit d’ailleurs régulièrement des déclarations d’opérations suspectes en lien avec ces activités.
Résultats de l’évaluation des risques et présentation de la plateforme E-DELTA
Cet atelier de Fatick marque une nouvelle étape dans la tournée nationale du comité de coordination, qui entend renforcer la résilience du pays face aux menaces financières et sécuritaires, tout en préparant efficacement l’évaluation de 2026.

