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Bassirou Kébé, un limogeage qui en dit long sur les règles du jeu politique

Le silence, une vertu républicaine ?

Le dernier Conseil des ministres a sonné le glas de la carrière de Bassirou Kébé à la tête de la SN HLM. Officiellement, rien n’a filtré, mais officieusement, tout le monde a compris que son départ était lié à ses critiques ouvertes contre le gouvernement. Un directeur général qui parle comme un chroniqueur, voilà une audace qui, sous nos latitudes, confine au suicide administratif.

Pourtant, l’homme ne part pas les mains vides. Il peut, sans rougir, revendiquer d’avoir profondément métamorphosé la SN HLM, d’en avoir secoué les habitudes poussiéreuses, imposé un rythme nouveau, esquissé une véritable rupture dans la gestion et l’ambition. Là où d’autres administraient la routine, lui a voulu imprimer sa marque.

Mais dans les arcanes du pouvoir, une règle tacite circule comme une prière païenne: « Quand on est au pouvoir, on se tait… ou on dégage. » La formule claque comme une porte de bureau. Elle ne laisse aucune place à la poésie militante.

Le départ de Bassirou Kébé sonne donc comme un avertissement enveloppé dans un communiqué lisse. On peut être un réformateur zélé, transformer une société d’État, afficher une ambition de rupture, mais la première réforme exigée d’un haut responsable reste la loyauté silencieuse.

La morale de l’histoire est simple et cruelle : la rupture est applaudie quand elle vise les structures, beaucoup moins quand elle frôle la ligne gouvernementale. Dans la grande chorale du pouvoir, chacun peut avoir une belle voix. À condition de chanter la même partition.

Synthèse: Ch. Seck NDONG

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