Un atelier du cadre régional de concertation de Saint-Louis sur la gouvernance des services d’eau potable et d’assainissement, organisé par l’Ard, s’est déroulé hier à la Gouvernance. Cette rencontre s’est déroulée sous la présidence du Gouverneur Al Hassane Sall, en présence du Directeur de l’Agence régionale de développement (Ard), Ousmane Sow, des maires de la région de Saint-Louis et autres acteurs territoriaux.
Créé par arrêté du Gouverneur en 2015, ce cadre se veut un espace de gouvernance territoriale au service de la coordination, de la concertation et de la planification dans le secteur de l’eau et de l’assainissement.
Le Gouverneur a rappelé que cette session est organisée avec l’appui du projet AICHA III – Saint-Louis (Appui aux Initiatives des Collectivités locales pour l’Hydraulique et l’Assainissement) et du programme “Bonne gouvernance et participation citoyenne à Richard-Toll”, financés par MON-3/Sénégal et mis en œuvre avec l’ARD de Saint-Louis et plusieurs acteurs régionaux.
Selon le chef de l’Exécutif régional, l’accès universel et durable à l’eau potable et à l’assainissement demeure un défi majeur pour le Sénégal, particulièrement en milieu rural et périurbain. La réforme de l’hydraulique rurale, la territorialisation des politiques publiques, et la mise en œuvre des nouveaux cadres de référence nationaux, notamment la Lettre de Politique Sectorielle de Développement (LPSD) 2025–2029 et la Vision Sénégal 2050, recommande de renforcer la concertation multi-acteurs.
Dans ce contexte, a-t-il poursuivi, le CCREA constitue un instrument stratégique de dialogue entre l’État central, les collectivités territoriales, les opérateurs, les ONG, les populations (usagers) et les partenaires techniques et financiers. Il offre un espace unique pour aligner les politiques nationales avec les priorités locales, favoriser la cohérence des interventions et accélérer la décentralisation effective du secteur.
Dans un document de presse élaboré par le Directeur de l’Ard, Ousmane Sow et son staff, les experts de l’Ard ont précisé que le Ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement (MHA) est invité à investir pleinement ce cadre pour y ancrer ses réformes et matérialiser sur le terrain la volonté nationale de transfert progressif du secteur de l’eau et de l’assainissement aux collectivités territoriales.
Cette note de presse a souligné que le renforcement du rôle des collectivités par des contrats-plans État–collectivités territoriales apparaît comme une voie incontournable pour améliorer la gouvernance et la performance des services, consolider la redevabilité locale et garantir une meilleure appropriation des politiques publiques par les populations. Il n’y a pas d’alternative à la décentralisation pour un Sénégal souverain, juste et prospère.
Des enjeux urgents pour la région de Saint-Louis
Ces thématiques traduisent l’urgence d’une action concertée face à la saturation des infrastructures, à la pollution des eaux de surface (notamment du fleuve Sénégal), à la pression démographique et à la vulnérabilité des ressources.
Dans un large débat enrichissant et fructueux, les experts de l’Ard ont plaidé pour une mobilisation accrue, précisant que cette rencontre du CCREA est aussi un appel solennel lancé à l’État central et aux partenaires techniques et financiers pour soutenir la planification et la mise en œuvre d’un programme d’investissement régional prioritaire dans l’eau et l’assainissement.
Pour renforcer également les mécanismes de financement décentralisés au profit des collectivités territoriales, accompagner la mise en œuvre du transfert de compétences et de moyens définit dans les nouvelles orientations sectorielles et intégrer la préservation de la qualité des ressources en eau comme priorité stratégique. Les besoins de la région demeurent énormes. Et il est dangereux de priver d’eau une population déjà habituée au service.
Une gouvernance concertée et partagée
Pour le Directeur de l’Ard, Ousmane Sow, le CCREA doit désormais être reconnu et soutenu comme l’espace privilégié de dialogue, de suivi et d’évaluation des politiques de l’eau et de l’assainissement dans la région de Saint-Louis.
Il a laissé entendre que le développement du Sénégal passe par la vitalité de ses territoires. Et la souveraineté nationale sur la ressource en eau commence à l’échelle locale, là où doivent se prendre les décisions les plus concrètes.
«L’eau n’est pas seulement un service : c’est un droit, un levier de développement territorial et un pilier de souveraineté national », a-t-il conclu.
Par Mbagnick Kharachi Diagne

