Monsieur le Ministre Abdourahmane DIOUF, les événements récents survenus au sein du gouvernement, marqués par les déclarations publiques du Premier ministre, Monsieur Ousmane Sonko, vous mettant en cause pour une supposée gestion financière litigieuse, suscitent une vive attention au sein de l’opinion. Selon ses propos, ce serait l’une des raisons ayant motivé votre changement de portefeuille ministériel.
Dans un tel contexte, pour préserver votre crédibilité, votre image et l’avenir de votre parcours politique, la voie la plus honorable semble être celle de la démission. En prenant l’initiative de vous mettre à la disposition de la justice, vous démontrerez à la nation entière que vous n’avez rien à vous reprocher. Une issue favorable à votre dossier ne fera que renforcer votre position morale et politique.
Déjà, vous devrez bientôt passer devant les députés dans le cadre du marathon budgétaire. J’imagine la difficulté de cet exercice lorsque vous ferez face à cent trente parlementaires de la majorité présidentielle, tous choisis par votre accusateur. Cette réalité rendra votre position particulièrement inconfortable et pourrait fragiliser davantage votre image publique.
Il est important de noter que le climat politique actuel est particulièrement tendu, et les récentes restructurations opérées au sein de votre département ne constituent pas nécessairement un renforcement de votre position. La collaboration avec certaines nouvelles directions, confiées à des membres fondateurs du parti au pouvoir, risque d’être délicate.
Un ministre, tenu par le principe de solidarité gouvernementale, ne dispose pas de la latitude nécessaire pour démentir publiquement un Premier ministre, encore moins son supérieur hiérarchique. Dès lors, le choix de se retirer, dans la dignité, s’impose comme l’option la plus sage. Il vous permettra, le cas échéant, de défendre votre honneur et de poursuivre en justice toute personne qui ne serait pas en mesure d’étayer ses accusations.
Vous êtes un homme jeune, instruit, compétent, et plusieurs de vos collaborateurs témoignent de votre rigueur et de votre sens du devoir. Le pouvoir est séduisant, certes, mais la véritable grandeur réside dans la capacité à s’en détacher lorsque l’honneur et la cohérence morale l’exigent.
Monsieur le Ministre, le moment est venu de faire le choix du courage et de la dignité. L’histoire retiendra toujours ceux qui préfèrent la vérité à la compromission.
Pape Made DIOUF
Enseignant
Observateur de la scène politique sénégalaise

