« Ils veulent m’abattre pour faire taire une voix libre »
C’est par ces mots que Mme Aïssatou Diop Fall, journaliste chevronnée et PDG du Groupe PROD’ADF, a interpellé ce mardi l’opinion publique, lors d’un point de presse tendu mais digne, tenu au siège de sa structure.
Face à une salle pleine de journalistes nationaux et internationaux, l’éditrice de PUBLICSN TV a décidé de briser le silence sur ce qu’elle qualifie de « persécution bancaire à visée politique », menée par la Banque Nationale pour le Développement Économique (BNDE).
Au cœur de la tempête : un prêt contracté en 2022 auprès de la BNDE pour lancer sa Web TV. Selon Mme Diop Fall, PROD’ADF a honoré ses engagements, malgré les turbulences économiques et les attaques répétées contre son média.
Une restructuration de la dette avait même été signée devant notaire, validée par le FONGIP et acceptée par la BNDE…avant que la banque ne revienne unilatéralement sur sa parole, exigeant désormais un remboursement immédiat de 49 millions CFA, sous menace de poursuites pénales pour détournement de fonds.
Pour la patronne de presse, la manœuvre ne fait aucun doute: « Il s’agit d’une tentative de me faire taire, de fermer mon entreprise et d’anéantir une voix indépendante dans le paysage médiatique. »
Elle dénonce une instrumentalisation de la justice et une dérive autoritaire visant à museler les médias non-alignés. « S’il y a un litige, qu’il soit tranché devant le Tribunal de commerce, pas au pénal comme dans une dictature. »
Matériel visible, activités actives, preuves de paiement à l’appui : tout indique que l’accusation de détournement ne tient pas. Pourtant, la BNDE a déjà clôturé son compte sans préavis et s’apprête à saisir le procureur.
Face à cette pression, Mme Diop Fall reste debout, déterminée à défendre son honneur, ses droits, et la liberté de la presse au Sénégal.
Par A. L. NDIAYE (avec En Relief)

