Ancien Directeur de l’Agence nationale de l’aménagement du territoire (ANAT), Mamadou Djigo a livré une analyse sévère de l’adresse à la Nation du Chef de l’État, prononcée le 31 décembre 2025. Dans une déclaration largement relayée, il dénonce un discours qu’il juge déconnecté des réalités et marqué par un déficit de résultats concrets.
La traditionnelle adresse à la Nation du Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye continue de susciter de vives réactions dans le paysage politique et intellectuel sénégalais. Parmi les plus critiques, celle de Mamadou Djigo, ancien Directeur de l’ANAT, se distingue par sa tonalité tranchante et son argumentaire sans détour.
« Son discours ne peut pas être bon », assène d’emblée l’ancien haut responsable, estimant que l’écart entre les promesses initiales et les réalisations effectives est aujourd’hui trop important pour être masqué par un exercice de communication. Selon lui, le pays serait passé « d’un océan de promesses à un désert de résultats », une formule qui résume, à ses yeux, l’état actuel de l’action gouvernementale.
Pour Mamadou Djigo, un discours de fin d’année, aussi bien construit soit-il, ne saurait compenser l’absence de faits tangibles. « Quand les faits manquent, les mots sonnent vide. Quand les résultats ne sont pas là, l’éloquence devient inutile », affirme-t-il, pointant ce qu’il considère comme une fragilité majeure du message présidentiel.
L’ancien Directeur de l’ANAT souligne également ce qu’il qualifie de « paradoxe cruel » : la nécessité, pour le Chef de l’État, de s’appuyer largement sur des projets hérités du régime précédent afin de donner de la consistance à son discours. Routes, infrastructures, programmes structurants tels que le PUDC, le PUMA ou PROMOVILLES sont cités comme exemples emblématiques de cet héritage. « Sans ces acquis, le discours aurait été presque vide, privé de toute matérialité », soutient-il.
En conclusion, Mamadou Djigo inscrit son propos dans une prière et un vœu collectif- «Yallah na Yallah samou Sénégal » — avant de souhaiter une bonne et heureuse année aux Sénégalaises et aux Sénégalais, tout en appelant implicitement à un sursaut fondé sur des résultats concrets plutôt que sur la seule rhétorique.
Par A.L. NDIAYE (avec En Relief)

